Haïti et les Etats-Unis, qui aura le dernier mot ?

Publié le 2021-10-07 | lenouvelliste.com

La politique haïtienne dans ce qu’elle a de plus haitienne a rarement fait autant l’actualité aux États-Unis d’Amérique depuis le 7 juillet dernier, jour de l’assassinat du président Jovenel Moïse en son domicile.

Pendant des semaines après l’exécution du président, on a recherché aux États-Unis les commanditaires, financiers et planificateurs du crime. Trois mois plus tard, alors que des pistes semblaient exister, on ne sait toujours pas ce qu’il en est des entreprises domiciliées en Floride dont les noms avaient été cités dans l’affaire. Les autorités américaines n’ont officiellement procédé à aucune arrestation. Le dossier Jovenel Moïse est pour le moment au point mort.

Pendant des semaines, la seule personne, l’épouse du chef de l’Etat, qui a assisté aux derniers instants du président Moïse était aux USA et s’adressait au monde depuis la Floride. Martine Moïse est revenue en Haïti et était devant le juge d’instruction cette semaine. De son hospitalisation en Floride à son retour avec des gardes du corps étrangers, la première Dame projette l’image d’une protégée des USA.

Des suites de l’assassinat du président, l’administration Biden nomme un envoyé spécial pour Haïti, l’ambassadeur Daniel Foote. Deux mois plus tard, il démissionne avec fracas et publie une lettre qui dénonce la politique américaine en Haïti. C’était du jamais vu dans les relations entre les deux pays.

Ce 7 octobre, trois mois jour pour jour après la disparition de Jovenel Moïse, Daniel Foote intervenait devant des représentants américains. Il a redit avec force son désaccord avec la politique américaine vis-à-vis d’Haïti et ses désaccords avec la conduite de l’ambassade américaine en Haïti.

A bien écouter l’ancien envoyé spécial, il a pu deviner qui sont les mauvais dirigeants pour Haïti et qui pourrait faire mieux.

Sans s’en rendre compte Foote, l’administration Biden et des forces en Haïti se battent pour le même trophée: la direction d’Haïti.

Ces dernières semaines tout ce qui se passait derrière les rideaux, les décisions et tractations qui faisaient l’objet de rumeurs, tout ou presque tout a été dit en public sur la destinée d’Haïti.

Il y a un bras de fer à Port-au-Prince pour prendre le pouvoir. Il y a un bras de fer à Washington pour orienter la politique américaine envers Haïti.

Alors que les jours passent, tous les problèmes de la vie quotidienne des Haïtiens s’aggravent.

Cela n’inquiète personne pour le moment.



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