Budget rectificatif : une contraction du PIB de -0.9% annoncée  

Publié le 2021-09-23 | lenouvelliste.com

À moins de neuf jours de la fin de l’exercice fiscal 2020-2021, le gouvernement a publié le budget rectificatif dudit exercice. Une contraction du PIB (produit intérieur brut) de -0.9% contre +2.4% et un taux d’inflation révisé à 13.7% en glissement annuel contre 18.2% sont prévus dans le budget initial, en termes de perspectives macroéconomiques. L’enveloppe budgétaire initiale de 254,7 milliards de gourdes diminue de 61.7 milliards de gourdes et représente maintenant 193 milliards de gourdes, soit une réduction de -22,4%. Cette baisse est exprimée au niveau des prévisions de recettes. Dans le budget rectificatif, les recettes totales sont autour de 96,4 milliards de gourdes contre 132,6 milliards dans le budget initial. Par rapport aux prévisions faites dans le budget initial, les recettes subissent une diminution de 36.1 milliards de gourdes, soit -27,3%.       

Seuls les impôts directs connaissent une légère augmentation de 0,6%, passant de 29,67 milliards de gourdes à 29,83 milliards. Quant aux impôts indirects, ils connaissent une diminution significative, passant de 89,52 milliards de gourdes à 57,68 milliards de gourdes, soit une diminution de -35,6%. Par exemple, sur le commerce extérieur, les prévisions de recettes dans le budget initial étaient autour de 57,69 milliards de gourdes et tombent sous la barre de 40 milliards de gourdes dans le budget rectificatif, soit une baisse de -29.2%. Les prévisions de recettes sur les produits pétroliers étaient de 13 milliards de gourdes dans le budget initial. Il n’y a aucune recette à collecter sur lesdits produits dans le budget rectificatif. Les autres recettes domestiques se chiffrent à 8,91 milliards de gourdes dans le budget rectificatif contre 13,41 milliards dans le budget initial.  Elles ont connu une diminution de 4,5 milliards de gourdes, soit -33,6%.

Pour les dépenses totales, le gouvernement, qui avait prévu de dépenser 211,6 milliards de gourdes pour l’exercice, n’a pas atteint ses prévisions. Il s’est résolu à effectuer des dépenses autour de 167,7 milliards de gourdes. Les dépenses relatives aux salaires et traitements connaissent une légère baisse de -10%, passant d’un budget à un autre de 66,5 milliards de gourdes à 59,7 milliards de gourdes. Les dépenses relatives aux biens et services connaissent aussi une baisse mais celle-ci est seulement de -0,6 puisque ces dépenses représentent plus de 33 milliards de gourdes dans les deux budgets.

Le gouvernement avait prévu de payer 6,1 milliards de gourdes à titre d’intérêts, dans le budget rectificatif, ce montant chute à 3,9 milliards de gourdes. Il a respecté ses engagements et paie le montant de 2,15 milliards de gourdes prévu en ce qui a trait au paiement des intérêts de la dette externe. Toutefois, pour la dette interne, le gouvernement se contente de verser 1,7 milliard de gourdes à titre d’intérêts contre la somme de 3,9 milliards de gourdes prévue dans le budget initial.  Il n’y a que les dépenses liées aux activités électorales qui sont revues à la hausse. Elles sont passées de 3,11 milliards de gourdes à 3,90 milliards, soit une augmentation de 25,3%. Quant aux supports prévus aux partis politiques, il a diminué de -70,3%, passant de 500 millions de gourdes à 148 millions.

Pour les voies et moyens, le gouvernement prévoit de collecter des ressources domestiques de l’ordre de 96.4 milliards de gourdes en raison de 73.9 milliards de gourdes de recettes internes et 22,5 milliards de gourdes de recettes douanières. Le gouvernement n’a pas prévu d’autres ressources domestiques pourtant il avait projeté auparavant d’avoir 4,4 milliards de gourdes. Dans le budget initial, la prévision des recettes internes et des recettes douanières se chiffraient respectivement autour de 95 milliards de gourdes et 32,9 milliards de gourdes.  Il bénéficie des dons et d’un financement qui représentent respectivement 23,8 milliards et 72,6 milliards de gourdes. Globalement, le gouvernement prévoit d’obtenir 193 milliards de gourdes mais compte dépenser ainsi avec des dépenses courantes autour de 121,14 milliards de gourdes et des dépenses de capitale à hauteur de 71,88 milliards de gourdes.  

Concernant les investissements, le gouvernement a mis 45,15 milliards de gourdes pour les programmes et projets. Les crédits d’investissement sont inférieurs au montant de 59,7 milliards de gourdes des salaires et traitements. « Les dépenses d’investissement sont financées à 37,72% à partir des ressources nationales, soit 17 026 000 000 de gourdes, et 62,28% sur les dons et emprunts projets correspondant à 28 114 000 000 de gourdes », lit-on dans le document budgétaire. Les dépenses pour les biens et services puis d’autres dépenses publiques non précisés se chiffrent à 37,2 milliards de gourdes et celles relatives aux transferts et subventions à 20 milliards de gourdes. « Les dépenses de subventions estimées à 20 094 022 406 de gourdes afficheront une baisse importante de 23,5%, en raison principalement de la baisse des subventions à l’EDH », précise le gouvernement dans le document. Pour amortir la dette, un montant de 25,2 milliards de gourdes est engagé. En fait, les crédits de fonctionnement représentent 147,8 milliards de gourdes.

       



Réagir à cet article