Insécurité à Léogâne, le commissariat voit un lien avec Martissant, expose ses faiblesses et promet des réponses

Un nouvel épisode d'insécurité s'installe à Léogâne depuis quelques semaines.

Publié le 2021-09-21 | lenouvelliste.com

Des échanges de tirs ont eu lieu entre la police et des braqueurs, au bas de la ville,  samedi 18 septembre, en début de soirée. Une scène inhabituelle dans la cité d'Anacaona. Des malfrats à moto étaient en passe d'emporter un sac rempli de gadgets électroniques volé d'un commerçant. En cours de route, ils sont tombés sur une patrouille de police sur laquelle ils ont ouvert le feu. Un policier et deux riverains en sont sortis blessés. Des impacts de balles sont visibles sur le pare-brise de la voiture de police.

Le policier blessé, ayant reçu une balle au bras, a été opéré et se porte bien, révèle le responsable du commissariat de Léogâne, M. Altis Vital, qui a reçu Le Nouvelliste à son bureau au local du commissariat fraîchement repeint. Quant aux braqueurs, ils ont eu le temps de prendre la fuite, laissant derrière eux leur motocyclette et le sac dérobé. La police est à leur trousse, suit des pistes, indique le commissaire de police. Deux suspects interpellés ne sont pas encore auditionnés, poursuit-il. 

Quelques heures plus tard, dans la même soirée du samedi 18 septembre, un homme a été touché par balle à l'entrée de la ville. Emmené à l'hôpital, sa vie a pu être épargnée.

Ces deux cas justifient le climat d'insécurité généralisée qui sévit à Léogâne depuis plusieurs semaines. Il convient de signaler qu'un jeune homme a été retrouvé mort d’une balle, au centre-ville, au réveil des habitants, jeudi 2 septembre. L’avant-veille, soit le mardi 31 août, deux hommes assis au bord de la rue à Dufort ont été tués par balle par des individus à moto non identifiés, aux environs de 6h p.m.

Notons que plusieurs cas de cambriolage ont été signalés dans la cité d’Anacaona durant les dernières semaines. Des individus armés s’immiscent chez les gens et les dépouillent de leurs biens. Dans certains cas, les occupants des maisons sont maltraités.

Pour contrecarrer les actions des malfrats, l'institution policière  est en train de renforcer le système de renseignement de la Police nationale d'Haïti (PNH) au niveau local, fait savoir  le commissaire Altis Vital. « Notre travail est plutôt structurel. Il s'agit de se pencher sur des problèmes qui auraient dû être résolus depuis des lustres », avance t-il. Le numéro un du commissariat de Léogâne attire l'attention sur l'amélioration de la présence policière dans les rues, « C'est déjà en cours et on ne s'arrêtera pas », affirme M. Altis Vital. 

Par ailleurs, le responsable du commissariat de Léogâne se plaint d'une déficience en ressources humaines et matérielles. « L'effectif dont nous disposons est insuffisant même pour l'agglomération de Léogâne. Encore plus le matériel. Nous avons trois véhicules à notre disposition en temps normal. Pour le moment, deux d'entre eux sont tombés en panne simultanément. Des pannes coûteuses en plus », se plaint le commissaire de police. Le haut commandement est au courant de la situation et promet une solution, confie-t-il. 

Léogâne figurait parmi les communes les plus accueillantes aux réfugiés de Martissant à la suite des conflits entre des gangs armés, il y a quelques mois. Cela a-t-il un rapport avec les cas d'insécurité enregistrés récemment ? « Le commissariat de Léogâne a fait savoir que des bandits ont quitté Martissant pour s'installer à Léogâne. Des victimes de cas d'assassinat connus depuis quelques semaines avaient des liens avec des gangs armés à Port-au-Prince. Il s'agit, dans plusieurs cas, de règlements de comptes entre membres de gang », déclare le commissaire de police de Léogâne,  Altis Vital.



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