Ariel Henry va-t-il se mettre au travail ?

Publié le 2021-09-15 | lenouvelliste.com

Au pouvoir depuis environ deux mois, le Premier ministre Ariel Henry gagne une autre bataille. Il vient de changer coup sur coup le commissaire du gouvernement, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique et le Secrétaire général du Conseil des ministres. 

Autre victoire du Premier ministre, les annonces d'une prestation de serment-installation du président du Sénat comme président sont restées sans suite et le Core Group lui a apporté un appui clair en fin de soirée mercredi 15 septembre. 

Un peu plus tôt, Ariel Henry avait réussi à rallier dans son camp d'anciens opposants farouches à Jovenel Moïse. La signature de l’accord dit de la Primature, samedi dernier, entre le Premier ministre Ariel Henry, le Secteur démocratique et populaire et d’autres entités de l’ancienne opposition à Jovenel Moïse marque un tournant dans la vie politique après l’assassinat de l’ancien chef de l’Etat. Il est trop tôt pour dire si la crise politique est résolue dans la mesure où l’accord ne fait pas l’unanimité.

Si l’accord de la Primature reconnaît un exécutif monocéphale, l’accord de Montana opte pour un exécutif bicéphale. Les deux positions peuvent-elles être conciliées ? Il faut attendre l’éventuelle rencontre entre Ariel Henry et les initiateurs de l’Accord de Montana pour avoir la réponse.

Avec la signature de l’accord de la Primature, le Premier ministre Ariel Henry a au moins un élément dans son actif. Le jour où il laissera son poste, l’histoire retiendra qu’il avait réuni autour de lui les anciens opposants à Jovenel Moïse et le parti de Jovenel Moïse.

Avec l’accord de la Primature, nous savons maintenant quoi attendre d'Ariel Henry qui avait pris les rênes du pouvoir sans feuille de route avec le support de la communauté internationale.

En lisant le contenu de l’accord, on peut se demander s’il est réalisable. On peut aussi se demander si les signataires vont partager la responsabilité de la résolution des problèmes qui compliquent notre quotidien ou s’ils vont simplement se partager le gâteau ?

En attendant les réponses à ces questions, personne ne peut nier qu’un accord entre des Haïtiens en vue de s'atteler à résoudre nos maux est une bonne chose. Même si on refuse de faire confiance aux acteurs, on peut leur donner le bénéfice du doute. Surtout que les anciens opposants à Jovenel Moïse comme les Phtkistes ont tout à perdre si cette initiative échoue.

Si la signature de l’accord reste jusqu’ici l’un des rares actifs du Premier ministre Ariel Henry, on ne peut qu’espérer qu’il en profite pour finalement commencer à diriger le pays. Ce qui implique l’adoption de mesures pouvant freiner la machine de l’insécurité qui sème le deuil au quotidien au sein des familles haïtiennes. Comme sous la présidence de Jovenel Moïse, les bandits ont carte blanche pour terroriser la population. Les cas de kidnapping se multiplient au vu et au su des autorités dans la capitale. L’Etat perd de plus en plus le contrôle du territoire au profit des gangs armés. En dépit de la répétition des promesses, la situation empire. Si l’accord permet d’y remédier, le pays n’a qu’à applaudir.  

La détérioration du climat sécuritaire affecte grandement les activités socioéconomiques à la veille de la réouverture des classes. S’il est vrai que l’Etat annonce qu’il va supporter les couches défavorisées en la circonstance, on ne sait toujours pas quand cela va se faire. On ne sait pas si cela dépend de la mise en œuvre de l’accord.

Après environ deux mois aux commandes du pays, Ariel Henry n’a pas encore prouvé qu’il a la solution à aucun de nos problèmes. L’accord de la Primature va-t-il lui donner la possibilité de prouver le contraire ? Combien de temps faut-il attendre de le voir passer des mots aux actes  ?



Réagir à cet article