Pour un cinéma utile à la culture haïtienne, plaide Gessica Généus

Une causerie-débat s’est tenue virtuellement le vendredi 10 septembre 2021 à l’initiative de la Banque interaméricaine de développement (BID) en Haïti dans le cadre d’une activité baptisée : « Les vendredis culturels. » Cette causerie, qui s'est déroulée autour du thème: « Le rôle du cinéma dans l’évolution de la culture haïtienne », a été animée par l’actrice-réalisatrice, Gessica Généus.

Publié le 2021-09-21 | lenouvelliste.com

Ils étaient plusieurs dizaines de personnes à prendre part à cette activité virtuelle. Au cours de son intervention, Gessica Généus, la réalisatrice de Fréda, lequel film ayant remporté le prix François-Chalais, a puisé de ses expériences dans le monde cinématographique, son vécu, ses acquis entre autres pour alimenter le débat. D’une courte introduction sur les premiers moments du cinéma haïtien, en passant par le cinéma comme vitrine virtuelle, elle a su mobiliser des points combien importants dans le but de mener sa plaidoirie.

Pour celle qui a fait ses débuts dans le film « Barikad », le cinéma est essentiel dans la promotion de la culture. « Si on prend la culture dans son large, comme changer les mœurs, changer le regard qu’un peuple a sur lui-même lui permettant ainsi de changer ses comportements et développer un rapport plus sain envers sa culture en termes d’héritage identitaire. En ce sens, le cinéma peut être une vitrine essentielle», a soutenu Gessica, qui estime que cela peut nous aider à découvrir des facettes de notre réalité.

Dans le cas d’Haïti, la réalité est connue de tous. Les répercussions impactent l’ensemble de la société, l’ensemble des secteurs, dont le monde du cinéma haïtien. « Le cinéma en Haïti c’est à peu près ce qui se passe dans le pays en ce moment, il existe mais avec énormément de limitations », a regretté la comédienne qui est revenue sur le calvaire pour la production de film dans le pays. « C’est difficile d’être producteur en étant en Haïti parce qu’on n’a pas accès à des moyens qui nous permettent d’avoir un pouvoir financier sur le film, il faut impérativement aller chercher ailleurs », s’est-elle plainte.

En dépit de ces conditions difficiles dans lesquelles évolue ce secteur, ajoutées à la carence en salle de projection… des réalisateurs s’évertuent à produire à l’intention des amants du septième art. Cependant, des interrogations persistent. Produire à quelle fin ? Ne pouvions-nous pas produire tout en mettant en valeur notre culture ? L’intervenante a, en ce sens, tranché pour que les films restent proches de la réalité directe ou indirecte du porteur de projet. « À mon avis, il faut créer des espaces pour que des jeunes cinéastes puissent raconter des histoires qui reflètent leur réalité et présenter ce regard intime sur le quotidien au lieu de copier sur le modèle hollywoodien », a préconisé celle qui a obtenu le grand prix de la diaspora au festival panafricain du cinéma de Ouagadougou en 2007.

Constatant la faible représentation d’Haïti sur la scène internationale dans cet aspect, elle a plaidé pour la narration des histoires qui nous ressemblent, qui s’inspirent de notre réalité, ce qui, selon elle, permettra au monde entier de nous voir « d’une façon qu’ils nous ont rarement vus comme peuple. »



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