Rockfeller Vincent tente de prendre le contrôle de la police nationale aux dépens d’Ariel Henry

Publié le 2021-09-13 | lenouvelliste.com

Rien ne va plus entre le Premier ministre et le ministre de la Justice. La guerre entre Ariel Henry et Rockfeller Vincent est maintenant étalée sur la place publique. Après l’invitation du commissaire du gouvernement au Premier ministre dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse à la suite des relevés des appels téléphoniques, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique écrit au directeur général de la police nationale pour lui faire savoir de ne recevoir aucun ordre de la part du président du Conseil supérieur de la police nationale le Dr Ariel Henry.

« Monsieur le directeur général a.i.,

Le ministre de la Justice et de la Sécurité Publique estime opportun de souligner à votre attention et à celle de tous les agents de la Police nationale d'Haïti quelle que soit l’unité spécialisée à laquelle ils sont affectés et peu importe la personnalité avec laquelle ils sont détachés que, suivant les dispositions de la loi du 29 novembre 1994 portant création, organisation et fonctionnement de la police nationale, notamment en son article 4, la Police nationale d'Haïti relève du ministère de la Justice et est placée sous l'autorité du titulaire du ministère », écrit Rockfeller Vincent à Léon Charles.

« Le ministre, supérieur hiérarchique direct de qui vous recevez toutes vos instructions, précise, pour dissiper toute confusion de rôles, que le Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) ne dispose fondamentalement que d'un pouvoir consultatif sur les grandes orientations de la politique d'action de la police nationale. L'article 12 de la susdite loi conférant cette habilitation au CSPN reprend avec la même clarté que l'article précité que la PNH relève du ministère de la Justice », précise le ministre de la Justice dans cette correspondance adressée au chef de la police.  

Sur ce, ajoute Rockfeller Vincent, « le titulaire du ministère de la Justice et de la Sécurité publique vous instruit d'ordonner à tous les officiers et de la PNH de n'exécuter aucun ordre d'autorité politique qui ne détient une telle compétence, encore moins si cet ordre est entaché d'illégalité. La responsabilité personnelle et/ou pénale de tout contrevenant sera engagée, et des sanctions administratives et/ou pénales seront exigées et prises », a-t-il prévenu.

« Par ailleurs, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique vous enjoint de renforcer immédiatement la sécurité personnelle du commissaire du gouvernement a.i près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bed-Ford Claude, en raison des menaces importantes et inquiétantes dont il fait l'objet depuis tantôt cinq jours », exige le ministre de la Justice.

Dans une correspondance du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince adressée au Premier ministre Ariel Henry en date du vendredi 10 septembre 2021 nous lisons : «… iI est confirmé que vous, Dr Ariel Henry, avez eu plusieurs appels téléphoniques, notamment deux, en date du 7 juillet 2021 à 4h03 a.m et à 4h20 a.m. avec l’un des principaux et très recherché assassin du président Jovenel Moïse, Joseph Félix Badio. La géolocalisation de ces appels tendancieux mérite d’être éclaircie, établie sans équivoque que le fugitif Badio se trouvait au moment de la conversation à Pèlerin 5: lieu de la résidence de la victime et de la perpétration de ce crime. Ces nouvelles informations formellement vérifiées ont été dénoncées dans une plainte adressée par l'organisation politique VIV AYITI et dans le rapport du Réseau national de défense des droits  humains (RNDDH). »

« Sur cette base, afin de vérifier le contenu de ces conversations pour un éventuel réquisitoire supplétif à adresser au juge chargé d'instruire l'affaire, le chef de la poursuite pénale vous saurait gré de bien vouloir, si vous le désirez, tenant compte des restrictions dues à votre statut de grand fonctionnaire de l'État, vous présenter au parquet de ce ressort le mardi 14 septembre 2021 à 10 a.m. pour coopérer avec la justice haïtienne », a fait savoir Me Bed-Ford Claude dans la correspondance.



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