Le séisme du 14 août 2021 dans la lignée de Matthew et du séisme de 2010

Haïti a un rendez-vous régulier avec les catastrophes naturelles dévastatrices. En plus de ses impacts émotionnels, ces bouleversements affectent négativement l’économie du pays. On ignore l’ampleur des dégâts causés par le dernier séisme, mais avec les 2 248 morts, les 53 000 maisons détruites et les 83 000 endommagées sans oublier les 127 écoles, les 60 bâtiments religieux, les 25 structures sanitaires et des hôtels détruits, on peut s’attendre à un bilan économique plus désastreux que celui de Matthew d’octobre 2016.

Publié le 2021-09-13 | lenouvelliste.com

L’émission Éducation économique animée par l’économiste Etzer Émile sur les ondes de radio télé Caraïbes a consacré plusieurs séances  aux impacts économiques du tremblement de terre du 14 août 2021. Le 5 septembre dernier, en attendant l’évaluation économique des dégâts, il a passé en revue les impacts des catastrophes naturelles que connait le pays au cours des trente dernières années. De 1998 à 2016, les catastrophes naturelles ont causé, démontre-t-il, des dégâts équivalents à plus de 12, 5 milliards de dollars américains. Le séisme du 12 janvier 2010 et l’ouragan Matthew d’octobre 2016 à eux seuls ont causé des pertes avoisinant les 153% du produit intérieur brut du pays, soit 11,3 milliards de dollars.

À côté des crises politiques, les catastrophes naturelles représentent l’une des principales causes de la pauvreté en Haïti. Le responsable de la firme Haïti Efficace, affirme qu’il y a, dans les deux sens, un lien étroit entre les catastrophes naturelles et les pays pauvres. Malheureusement Haïti se trouve dans cette catégorie. « Plus on a du mal à consentir des investissements pour mitiger les risques liés aux cataclysmes, plus les impacts seront importants et plus ils sont importants, plus le pays sera appauvri », explique-t-il.

Sur le plan économique, d’aucuns croient que cette dernière catastrophe représente une part importante du PIB du pays. Etzer Émile se trouve dans cette lignée. Les 2 248 morts, les 53 000 maisons détruites et l’effondrement des plusieurs dizaines de bâtiments religieux, d’espaces et d’infrastructures publiques auront des impacts économiques majeurs à combler sur des décennies entières. L’auteur de « Haïti a choisi de venir un pays pauvre… » a mis l’accent, entre autres, sur l’interruption des activités économiques où la chaîne entière est affectée, touchant ainsi des dizaines de milliers de gens.

Selon les chiffres de la Direction de la protection civile (DPC), ce séisme a un impact direct sur plus de 190 000 personnes. Dans les zones touchées, l’on fait face à une rareté de certains produits, ce qui, de l’avis d’Etzer Émile, a une incidence négative sur le coût de ces articles, sur les  conditions de vie de ces populations à un moment où le revenu de ces dernières est de plus en plus limité.

Selon une étude de l’ONG allemande « Germanwatch », Haïti se trouve en troisième position dans le classement des 10 pays les plus touchés par les évènements météorologiques extrêmes entre 1999 et 2018. Haïti a subi 78 évènements au cours de cette période. Les risques climatiques, poursuit le rapport, ont fait 2,81 décès pour 100 000 habitants dans le pays tout au long de la période considérée. Avec le séisme de cette année, les pertes causées par les catastrophes naturelles au cours des douze dernières années devraient se situer autour de 200% de notre PIB, appauvrissant ainsi une partie plus importante de la population.



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