Enquête judiciaire

Assassinat de Jovenel Moïse : l’Office de la protection du citoyen exige la démission du Premier ministre

Publié le 2021-09-13 | lenouvelliste.com

Moins de vingt-quatre heures après l’invitation du parquet de Port-au-Prince au Premier ministre Ariel Henry dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’Office de la protection du citoyen (OPC) exige la démission du Dr Ariel Henry. L’OPC se dit sidéré par les informations selon lesquelles M. Henry avait eu à deux reprises des conversations téléphoniques avec Joseph Félix Badio, l’un des auteurs intellectuels présumés dans le meurtre du chef de l’État.

« L’Office de la protection du citoyen (OPC), institution nationale indépendante de promotion et de protection des droits humains, a appris avec indignation, que conformément à une demande officielle à la compagnie Digicel par le parquet de Port au Prince, ladite compagnie a confirmé des relevés téléphoniques d'appels entre le Premier ministre Ariel Henry et Joseph Félix Badio, l’un des présumés assassins du président Jovenel Moïse », lit-on dans le communiqué de l’OPC.

Selon des informations confirmées par la Digicel et relayées dans la presse, a observé l’OPC,  « peu après l’assassinat du président Jovenel Moïse, soit le 7 juillet 2021, Ariel Henry et Joseph Félix Badio ont eu un entretien téléphonique de trois minutes aux environs de 4h 03 du matin. Selon les données du GPS, Ariel Henry était localisé à Montana et Badio à Pèlerin, sur les lieux du crime. 17 minutes après, soit à 4h 20, les deux hommes se sont entretenus durant quatre minutes. »

L’OPC se dit révolté et sidéré « après la confirmation d’une telle donnée et réclame la démission du Premier ministre Ariel Henry ».

« Au nom du droit à la vérité et dans la perspective de la poursuite de l’enquête en cours sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, Monsieur Ariel Henry doit incessamment démissionner et se mettre à la disposition de la justice », a exigé Me Renan Hédouville, Protecteur du citoyen.

« L’OPC demande à la communauté internationale particulièrement l’Organisation des États américains (OEA), le Core Group, les pays dits amis d’Haïti, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en Haïti, d’éviter d’appuyer ou de supporter le Premier ministre Ariel Henry qui désormais devient l’un des suspects dans l’assassinat du président Jovenel Moïse », a appelé l’OPC.

Au moment de la publication de ce communiqué de l’OPC le samedi 11 septembre, le Premier ministre Ariel Henry se trouvait en sa résidence officielle pour la signature d’un accord politique avec la plupart des partis politiques de l’opposition.

En ce qui a trait à l’enquête sur l’assassinat du président, Ariel Henry a déclaré : « Soyez assurés qu’aucune distraction, aucune convocation ou invitation, aucune manœuvre, aucune menace, aucun combat d’arrière-garde ne me détournera de ma mission.  Au fait, je veux dire à ceux qui ne l’ont pas encore compris que les manœuvres de diversion pour semer la confusion et empêcher la justice de faire sereinement son travail ne passeront pas.  Les vrais coupables, les auteurs intellectuels et les commanditaires de l’assassinat odieux du président Jovenel Moïse seront trouvés, traduits en justice et punis pour leur forfait. À bon entendeur, salut ! »



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