Guerre de signatures et d'endossement pour la formation du gouvernement de transition

La bataille pour le leadership dans la formation du gouvernement de transition après l’assassinat du président Jovenel Moïse se fait actuellement entre la Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise et l’organisation  « N ap mache pou lavi » .Ces deux structures de la société civile livrent un véritable duel, larvé pour le moment, pour le collecte de plus de signatures et d’endossement alors qu’elles optent toutes les deux pour un pouvoir bicéphale.

Publié le 2021-09-03 | lenouvelliste.com

Alors que la Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise se targue d’avoir déjà récolté plus de 200 signatures depuis la présentation d'un accord politique sans jamais présenter la liste des signataires du document, l’organisation politique Fanmi Lavalas a donné ce vendredi 3 septembre, une autre dimension à l’initiative de cette structure de la société civile. « Le Dr Maryse Narcisse, la coordinatrice de Fanmi Lavalas, a signé, ce vendredi, l'accord politique de la Commission », a confirmé au Nouvelliste Joël Vorbe, membre du directoire du parti de Jean-Bertrand Aristide.

« En grande partie, nous nous sommes retrouvés dans le document qui rassemble les forces vives de la nation », a soutenu Joël Vorbe. Selon lui, Fanmi Lavalas se retrouve aussi dans cet accord politique qui veut former un gouvernement de salut public qui « consiste à rassembler toutes les forces vives de la nation : société civile, associations patronales, secteur religieux… A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle ».

La Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise a publié, le week-end écoulé, un accord politique dans lequel les acteurs proposent une transition de deux ans avec un président, un Premier ministre, un organe de contrôle, un Conseil national de transition, entre autres.

Le Conseil national de transition, selon l’accord, est composé de membres désignés par les secteurs sociaux et les partis et pôles politiques. Cette structure sera composée d’environ 50 membres qui feront le choix du président provisoire et du Premier ministre. Les principaux partis et regroupements politiques de l’opposition et du régime PHTK, de nombreux secteurs et organisations de la société civile devront désigner des membres dans cette structure.

L’article 7 du document indique : « Pour garantir le bon déroulement de la transition, combler les vides institutionnels au niveau des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et permettre le bon accomplissement de leurs missions permanentes et continues, il est créé les organes spécifiques suivants: le Bureau de suivi (BS) de la mise en application de l’accord ; le Conseil national de transition (CNT) pour le choix du (de la) président(e) de transition et du chef ou de la cheffe de gouvernement et  l’Organe de contrôle de la transition (OCT) pour le contrôle du pouvoir exécutif. »

D'un autre côté, dans cette recherche de solution à la crise, il y a l’organisation « N ap mache pou lavi ». « D’entrée de jeu, il faut dire que N ap mache pour la vie (Marchons pour la vie) n’est pas partie prenante, mais se voit toujours comme facilitateur. Elle part du principe que tout le monde est de bonne foi. Ses démarches ont toujours pris en compte des différentes positions, ce, depuis son émergence en novembre 2020 », a confié au Nouvelliste Me Gédéon Jean, l’un des responsables de cette structure de la société civile.

Selon lui, la position de chaque groupe en discussion au sein de « N ap mache pou la vi » est connue.  « En tant que facilitateur, la mission de N ap  Mache pour la vie est de travailler avec tout le monde pour gérer les désaccords (l’orientation de la gouvernance), mais surtout pour trouver un consensus, car il s’agit d’une question de pouvoir, et c’est, en réalité, là où réside le problème. C’est une vérité absolue », a-t-il expliqué.
 

Me Gédéon Jean a indiqué que l’idée est de créer un climat de confiance afin que les acteurs puissent trouver le consensus nécessaire. « Aujourd’hui, on en a besoin pour finalement aborder les vrais problèmes du pays : insécurité, pauvreté, dysfonctionnement institutionnel, non-réalisation d’élections démocratiques », a-t-il dit.

  

Selon Me Gédéon Jean, « N ap mache pou lavi » jouit du support des organisations politiques comme  MTV-Ayiti, INITE, Émergence patriotique, FND, Chemin délivrance Ayiti, Force louverturienne réformiste, AAA, En Avant, des signataires du Protocole d’entente nationale (PEN) qui supporte le sénateur Joseph comme président provisoire de la transition. Plusieurs organisations de la société civile supportent aussi l’initiative de « N ap mache pou lavi », a-t-il souligné.

Parallèlement à la Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise et l’organisation  « N ap mache pou lavi », qui optent pour un pouvoir de transition dirigé par un président et un chef de gouvernement, figure a la proposition d’accord politique du Premier ministre Ariel Henry qui exclut la présence d’un chef d’Etat pendant la période de la transition.



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