Violence, kidnaping et insécurité sont de retour

Pour plus d’un, même s’il n’y a plus d’accrochages armés, la trêve observée par les gangs de Ti Bwa, Grand-Ravine et Village-de-Dieu, à l’entrée sud de Port-au-Prince ayant permis d’acheminer de l’aide aux victimes du séisme du 14 août 2021, a volé en éclats avec le retour des rapts.                                   

Publié le 2021-09-01 | lenouvelliste.com

Ce mercredi, le directeur départemental du Sud-Est du ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), Gilbert Bazile, et son chauffeur, Ernst Mentor, ont été enlevés à Martissant, a appris Le Nouvelliste. La veille au soir, autour de 7 heures p.m., Lesly Auguste, assistant directeur de réseaux à la Banque nationale de crédit (BNC), a été kidnappé à la rue Pavé. L’ex-chanteur du groupe Gabel, Money -G, kidnappé depuis dimanche, est toujours aux mains de ses ravisseurs, selon des sources.  

Entre-temps deux femmes enlevées à Santo ont été libérées. À Santo Croix-des-Bouquets, Torcel…, les bandits continuent de gagner du terrain et de consolider leurs positions. Dans la nuit de mardi à mercredi, les habitants de Duval, de La Serre, de Bélanton ont vécu la peur au ventre à cause des rafales d'armes automatiques.

Les bandits de 400 Mawozo se battent pour étendre encore plus leurs tentacules après la mort de Poyo Carl Henry, alias « Depòte », abattu non loin d'un dispensaire.      

« La police lutte contre les bandits. Nous travaillons d’arrache-pied pour résoudre ce problème », a confié au journal Le Nouvelliste le commissaire du gouvernement de la Croix-des-Bouquets, Elder Guillaume.                                               

Le commissaire n’a cependant pas voulu donner de détails sur la stratégie des autorités judiciaires.  Pour le moment, les bandits donnent le ton, dictent le tempo dans l'exécution de leurs forfaits. Entre-temps, la police tente de se consolider, de s'approvisionner en équipements, dont des blindés. « L'acquisition de ce nouveau matériel rentre dans le cadre du renforcement de la capacité opérationnelle de la Police nationale d'Haïti (PNH).  Ce sont des outils de travail additionnels », avait confié la porte-parole de la PNH, Marie Michel Verrier.

La police, durant une opération ce week-end, a fait 9 morts parmi lesquels Manilo, le numéro deux du gang « Krache Dife » et permis la saisie de cinq pistolets, compte des morts dans ses rangs. Vendredi dernier, la PNH a déploré l'assassinat d’un de ses membres. « Oui, la PNH confirme le décès d'un policier. Il répond  au nom de Sibert Guismagne , un inspecteur divisionnaire », avait confirmé la porte-parole de l'institution policière.                             

Le policier Blanc Daniel, enlevé lundi à la rue Macajoux, a été retrouvé mort au wharf Jérémie, sur le territoire de « Krache Dife », a-t-on aussi appris.

On ignore si le policier a été abattu en représailles après l’opération ayant conduit à la mort de Manilo.  

Les actes criminels se produisent sur fond des séquelles du tremblement de terre dans le Sud et de guerre de basse intensité pour orienter la transition d’après Jovenel Moïse, assassiné chez lui après avoir multiplié les appels au secours aux responsables de sa sécurité et au directeur général de la Police nationale d'Haïti, Léon Charles.



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