Récital de poèmes en hommage aux victimes du séisme

Devoir de mémoire. Le jeudi 27 août 2021, les responsables de Poésies en Folie ont organisé dans les locaux de « Kay Papi Jan » à Bois-Verna, au cœur de Port-au-Prince, un récital de poèmes en hommage aux victimes du séisme du 14 août.

Publié le 2021-08-30 | lenouvelliste.com

Il est cinq heures. Avec une ponctualité d’horloge, les participants ont répondu en nombre peu nombreux dans cette soirée dédiée à la mémoire des victimes du séisme. La causerie s’est déroulée dans la cour d’un curieux bâtiment entouré de bougainvilliers. Autour des tables, des poètes en herbe, des comédiens, et des figures de la littérature haïtienne contemporaine. De l'assistance s'élevaient des salves d’applaudissements, des sifflements d’admiration à l’égard des poèmes dits à haute voix et les conseils de Bonel Auguste.

L’intervenant, d’une voix passionnée, raconte avec maestria son parcours littéraire. Sa rencontre avec l’écrivain Lyonel Trouillot et Franckétienne qui a présenté son premier livre. Joubert Joseph, moderateur de la rencontre, lui a demandé ce qu'on doit faire pour être poète. « Être poète demande la lecture d’un nombre significatif de poètes car c’est impossible de produire dans un genre littéraire sans prendre connaissance des œuvres dans ce genre littéraire. », recommande Bonel Auguste. Le poète nous rappelle cette phrase de La Bruyère ; « Tout est dit et on vient trop tard. ». Les poètes doivent ciseler les phrases, gouter la saveur des mots et doivent utiliser la langue comme un instrument parfaitement maitrisé.

Pour Bonel Auguste, il n’y a plus de génération spontanée en art. Il faut travailler dur, soutient-il « Il y a des gens qui sont nés avec la poésie dans leur âme, qui écrit n’importe quel vers sans aucun effort de penser, mais il y en pour faire un verre cela prendra beaucoup de temps. »

Au fond de la cour, les poètes, bière à la main, écoutaient religieusement les conseils de Bonel Auguste. « L’écriture, c’est le sens. Un texte poétique doit produire du sens. Ce n’est pas la publication de plusieurs livres qui est important. Mais c’est de faire un bon livre. Magloire Saint-Aude, l’une des voix majeures de la poésie haïtienne, est l’exemple à suivre. Il n’a pas écrit plusieurs livres mais avec  Dialogue de mes lampes c’est comme s’il a écrit un seul livre », rappelle Bonel Auguste. 

La poésie était partout. Sur les lèvres des comédiens, les poètes et les férus de la littérature. Ils étaient tous réunis pour sympathiser de manière poétique avec les victimes du grand Sud. Les comédiens, Ralba, Wood Kendy Louis et le jeune poète Yves Marie Gustave a lu avec une voix imprégnée d’émotion quelques textes de Georges Castera, Bonel Auguste et de Lyonel Trouillot.

Lors de la clôture de cette cérémonie d’hommage, Madson Polo, initiateur et président de « Poésies en folie » a fait le point sur cette activité. Pour l’activiste culturel, « Poésies en folie » est une association qui se donne pour mission de promouvoir la littérature et la culture.

« Poésies en Folie » est une association littéraire qui veut susciter des discussions sur la littérature. Voilà pourquoi nous avons mis sur pied les causeries hebdomadaires qui se tiendront chaque jeudi à la rue Villemenay, Kay Papi Jean où chaque édition aura un invité qui donnera une conférence sur un thème lié à la littérature », précise Joubert Joseph, poète et vice-président de l'association.



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