Séisme: des élus locaux appellent à l’aide

Le Nouvelliste s’est rendu dans plusieurs communes du département du Sud afin de mesurer l’ampleur du séisme du 14 août dernier. Dans la totalité des municipalités visitées, l’aide se fait attendre. Dépassés par les événements, faisant face à la colère de leurs mandants, ces élus appellent à l’intervention de l’État et des organismes internationaux au plus vite. 

Publié le 2021-08-18 | lenouvelliste.com

Maniche fait partie des communes les plus touchées par le tremblement de terre. Située entre Camp-Perrin et Cavaillon, la quasi-totalité du centre-ville a été détruite. L’église catholique de la zone, la salle paroissiale, le lycée, le centre de santé, un moulin communautaire, un night-club, la liste des bâtiments importants mis à terre est longue. A l’arrivée de l’équipe du Nouvelliste, des engins lourds du ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC) et d’une ONG étaient à pied d’œuvre pour démolir les maisons détruites et enlever les décombres. 

« La ville de Maniche est détruite à 95%. C’est la même réalité dans les sections communales. Les différentes localités ont été balayées », a fait savoir le maire de la ville, Jean David Brinard. Plus loin, l’élu local souligne que le bilan humain est aussi lourd. « Nous avons déjà constaté 88 morts, 39 personnes sont portées disparues. Des cultivateurs partis dans les champs ne sont pas rentrés à la maison », a-t-il précisé. 

A Cavaillon, beaucoup de maisons, une église catholique vieille de plus de 300 ans et d’autres bâtiments ont été détruits. Selon Jean Mary Naissant, maire adjoint de cette commune, la situation est alarmante. « La ville a été détruite. 10 200 maisons ont été détruites ou endommagées. Pour l’instant, nous avons dénombré 32 morts. Il y a encore des cadavres sous les décombres », a fait savoir le maire adjoint, soulignant que l’aide qui arrive jusqu’à présent se révèle insuffisante. « A titre d’exemple, nous avons reçu du FAES 700 kits alimentaires pour une population de 60 000 habitants. Nous sommes dans une situation critique où les gens sont encore contre les élus. Ils nous accusent de n’avoir rien fait pour voler à leur secours alors que tout est géré et coordonné au plus haut niveau », s’est plaint Jean Mary Naissant.

L’église Notre-Dame du Perpétuel Secours de Cavaillon a été détruite par le séisme. Ce bâtiment, régulièrement rénové, date de plus de 300 ans. « C’est un patrimoine, à la fois pour l’Église, le département et le pays qui vient de disparaître », se désole le rev. Père Ignace Coissy, curé de la paroisse. Ce dernier est également vicaire épiscopal pour cette zone paroissiale qui compte pas moins de 9 paroisses. Selon lui, les églises de toutes les paroisses ont été affectées. Le rev. Père Ignace Coissy a également indiqué que le collège Notre-Dame, fonctionnant depuis 33 ans, a été affecté par le séisme. « On ne pourra pas le rouvrir sans une grande rénovation », a-t-il souligné. 

Saint-Louis du Sud compte 235 morts, 75 disparus, et 675 blessés. Ces chiffres ont été communiqués au Nouvelliste par le maire Luc Edwin Céide. Selon lui, ces chiffres sont encore partiels. Le maire a souligné que les recherches se poursuivaient dans les sections communales où certains paysans sont portés disparus à la suite de glissements de terrain provoqués par le séisme. 

Le maire de Chantal, Jean Max Charles, a indiqué au journal que 6412 maisons ont été affectées ou totalement détruites par le séisme. De plus, il a souligné que sa commune a enregistré 22 décès et un nombre indéterminé de disparus. « La situation est vraiment grave chez nous. Nous sommes dépourvus de tout après le passage du séisme », a fait savoir le maire. 

La situation n’est pas différente à Arniquet, à entendre la mairesse adjointe Marie Bernadette Génois. Selon elle, la commune a été affectée à 95%. « Un nombre considérable de maisons ont été détruites. Celles qui ont résisté au séisme sont minimes. Les habitants n’ont plus de logement. Nous avons également enregistré 5 morts et quelques blessés », a-t-elle indiqué au Nouvelliste. 

Tout les maires interrogés par le journal ont indiqué que la population a besoin urgemment de tentes, de bâches, de tôles, de bois, d’eau potable, de nourritures et de kits sanitaires. Ils ont également indiqué que plus de 4 jours plus tard, l’aide n’a pas encore été distribuée. Ces élus locaux appellent l’Etat central à agir au plus vite pour voler au secours de la population. 



Réagir à cet article