L’économie haïtienne va decrescendo

Publié le 2021-07-30 | lenouvelliste.com

Entre les mois d'avril et de juin 2001, l’économie haïtienne a affiché des chiffres qui traduisent à quel point elle se porte mal, selon la note sur la politique monétaire publiée par la Banque de la République d’Haïti (BRH) via son site internet et les réseaux sociaux pour le troisième trimestre de l’exercice fiscal 2020 2021.  Les principaux indicateurs économiques présentés dans ladite note sont au rouge. « La variation de l’indice des prix à la consommation (IPC) s’est portée à 14,5 % en mai et 16 % en avril contre 17,2 % en mars 2021 », lit-on dans le rapport, soulignant que le taux d’inflation cumulé sur la période allant d’octobre 2020 à mai 2021 a atteint 5,6 % contre 14,6 % au cours de la même période de l’exercice 2019-2020.

Pour les sept premiers mois de l’exercice, les importations ont augmenté de 21,60 % et les exportations de 8,16 %. « L’évolution concomitante des importations et des exportations a entrainé une détérioration de 26,28 % de la balance commerciale sur cette période », soutient la BRH à travers cette note, portant sur les activités économiques et financières durant le troisième trimestre de l’exercice fiscal en cours. La BRH ne présente pas la quantité des importations et des exportations en valeur absolue.   

En ce qui concerne les transferts privés sans contrepartie qui constituent la plus importante source de devises du pays, ils se sont chiffrés à 2,09 milliards de dollars d’octobre 2020 à mai 2021, soit une progression de plus de 40 % en glissement annuel, révèle la BRH. Malgré l’augmentation des transferts, la plus importante source de devises en Haïti, la gourde n’a pas cessé de perdre des points sur le marché des changes.

En effet, le taux de change a augmenté considérablement, passant de 80,32 gourdes pour un dollar américain en mars à 90,67 gourdes pour un dollar américain en juin 2021. La monnaie nationale a connu une dépréciation de l’ordre de 12,9 % au cours dudit trimestre. Le renforcement de la demande d’importations et les anticipations négatives des agents économiques associées à la dégradation du climat sécuritaire sont les principaux facteurs qui exercent des pressions sur le change, d’après la BRH.  

Dans cette note, la BRH fait état aussi d’une dégradation constatée au niveau des finances publiques en raison de l’incapacité de l’État à mobiliser des ressources dans un contexte de détérioration du climat des affaires. « Totalisant 21 790,1 milliards de gourdes au cours du trimestre sous étude, les recettes ont diminué de 8,13 % par rapport au trimestre précédent. Parallèlement, les dépenses budgétaires ont crû de 11,2 % en variation trimestrielle pour s’établir à 84 587,01 milliards de gourdes », indique la BRH dans la note.

« Les recettes cumulées d’octobre 2020 à juin 2021 sont en hausse de 15,93 % par rapport à la même période de l’exercice passé, et représentent 33,36 % des ressources totales de l’État chiffrées à 212 217,47 milliards de gourdes. Cependant, ces dernières n’ont pas pu couvrir les décaissements totaux de 239 680,21 milliards de gourdes, dont 124 358,21 milliards de gourdes de dépenses budgétaires effectuées par l’État sur les 9 premiers mois de l’exercice », poursuit la note.  

La BRH a fait comprendre que cette évolution de la situation des finances publiques s’est soldée par un déficit budgétaire partiellement financé par la BRH pour un montant de 40 224,78 milliards de gourdes en juin 2021 contre 34 037,02 milliards de gourdes pendant le trimestre antérieur.



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