Selon Me Samuel Madistin, la PNH fait tout pour bousiller l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse

Publié le 2021-07-29 | lenouvelliste.com

L’homme de loi Samuel Madistin, au cours d’une entrevue à Magik9, s’est prononcé sur le déroulement de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse. L’avocat a critiqué la manière dont la police judiciaire mène l’enquête. Selon lui, la police fait tout pour que Jovenel Moïse n’obtienne pas  justice. 

Pour soutenir cette affirmation, Me Madistin a souligné des vices de procédure dans les actions entamées par la police. « Le Code d’instruction criminelle définit la procédure en matière de procès criminel. Il y a successivement l’étape d’investigation policière, l’étape de l’autorité de poursuite (le parquet), l’étape de la juridiction d’instruction et enfin l’étape de la juridiction de jugement. Les délais de chaque étape sont définis par la loi. Dans le cas de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, c’est inconcevable qu’après plus de 20 jours les personnes arrêtées par la police ne sont pas déférées devant la justice. La police n’est pas une juridiction d’instruction. La police ne peut pas empêcher les avocats de rencontrer leurs clients interpellés. Elle ne peut pas auditionner les prévenus durant plus de huit heures sans la présence de leurs avocats. C’est de cette manière que la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) est en train de conduire l’enquête », révèle-t-il. 

Me Madistin, un des dirigeants de la Fondation Je Klere (FJKL), a dénoncé les exactions de la DCPJ dans la conduite de l’enquête. « Un chauffeur de Dimitri Hérard, embauché seulement le 1er juillet, a été interpellé alors qu’il n’avait fait que conduire la compagne de M. Hérard qui voulait apporter de la nourriture à ce dernier. Le chauffeur a passé 5 jours, menotté, au secrétariat de la DCPJ », dénonce-t-il. « La police ne mène pas d’enquête. La police commet des exactions », critique-t-il. 

Selon Me Madistin, la DCPJ commet des fautes qui vont bousiller l’enquête. « Ces vices de procédure vont profiter aux prévenus », soutient-il. L’homme de loi a critiqué le directeur général de la police qui avait publié une note de presse pour blanchir l’ancien Premier ministre Claude Joseph alors que ce dernier a été accusé par un journal colombien d’être l’auteur intellectuel du crime. « Je ne suis pas en train de dire que Claude Joseph est coupable. Mais il faudrait enquêter. Le directeur général Léon Charles n’aurait pas dû faire cette sortie. Il n’a pas le pouvoir de blanchir Claude Joseph dans une enquête. Il n’a pas cette autorité », argue-t-il. 

Le responsable de FJKL a par ailleurs critiqué les interventions médiatiques du chef de la police sur l’enquête. « La police fait du show médiatique. Chaque semaine, le directeur de la police organise un point de presse au cours duquel il donne des informations erronées sur des détenus et sur le dossier. Ceci est inacceptable. Le peuple a droit à la vérité. On veut savoir ce qui s’est passé avec Jovenel Moïse et dans quelles conditions il a été tué », lâche-t-il. 

Quelques heures après l’intervention de Me Madistin, un point de presse de la PNH a été reporté. Il faut souligner que Me Samuel Madistin, dans deux correspondances adressées au bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Suzy Legros, et au commissaire du gouvernement, Me Bed-Ford Claude, se présente comme l’avocat de Reynaldo Corvington et de Dominick Cauvin.



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