Jean Emmanuel Jacquet: « Ma vision globale est d'articuler la culture comme vecteur d'harmonie et du vivre-ensemble »

Jean Emmanuel Jacquet, ancien directeur général de la Direction nationale du livre (DNL), prend les rênes du ministère de la Culture et de la Communication (MCC), en remplaçant le ministre Pradel Henriquez. Dans son discours d'investiture, le nouveau ministre se montre conscient de la tâche qui lui est confiée. Il profite de l'occasion pour projeter sa vision globale axée, selon lui, sur l'harmonie et le vivre-ensemble.

Publié le 2021-07-29 | lenouvelliste.com

« En tant que ministre de la Culture et de la Communication, mes actions ont une double portée comme la dénomination le dit clairement: développement culturel et dynamisation de la communication gouvernementale. Ma vision globale est donc d'articuler la culture comme vecteur d'harmonie et du vivre-ensemble», a déclaré le ministre de la Culture et de la Communication, Jean Emmanuel Jacquet, lors de son installation.

Pour donner corps à sa vision compte tenu du contexte sociopolitique actuel, Jacquet dit orienter ses actions suivant quatre axes fondamentaux: la valorisation et la mise en industrie du patrimoine immatériel, l'appui à la création et au développement des entreprises créatives locales – dans le cadre d'une démarche axée sur la promotion de l'économie sociale et solidaire –,  le renforcement institutionnel et la restructuration du secteur culturel, et enfin la redynamisation et l'implémentation de nouvelles stratégies de la communication gouvernementale. Le nouveau ministre a du pain sur la planche et de grands chantiers qui demandent du temps pour se concrétiser dans le réel.

Mais comment procéder en vue de concrétiser ces actions, quand on sait que le secteur culturel est confronté à d'énormes difficultés même avant la pandémie.  Ce secteur important dans la vie nationale ne nécessite-t-il pas des interventions urgentes axées sur la modernisation et la commercialisation des produits culturels ? A cette question, le ministre Jacquet, dans son discours, évoque un plan  d'action qui se résume, dans un premier temps, en la modernisation et la commercialisation des fêtes traditionnelles (patronales, carnavals, gédé, etc.) et du savoir-faire populaire,  à travers des événements ( foires, festivals, expositions,  concerts, etc.) organisés par des opérateurs du secteur privé  et du secteur associatif, au niveau des régions et au niveau local avec le soutien des pouvoirs locaux et la subvention conditionnée du pouvoir central.

Dans un deuxième temps, le plan d'action du directeur devenu ministre porte sur la dynamisation du marché du livre et de l'édition, quelque chose qu'il tient à cœur, sachant qu'il a dirigé pendant une année la Direction nationale du livre. À en croire le nouveau ministre, cette dynamisation se fera à travers un appui soutenu à l'organisation de foires, de salons et d'autres événements autour du livre. On notera que les foires du livre en Haïti connaissent un plein épanouissement surtout depuis que Livres en folie, la plus grande vitrine du livre en Haïti, donne le ton chaque année. Depuis, ce bel exemple du secteur privé devient contagieux. 

A travers un appui soutenu à l'organisation de foires, de salons et de spectacles, dit-il, son plan se résume aussi en la dynamisation de l'artisanat et de la mode. Selon le numéro un du ministère de la Culture et de la Communication, des efforts seront consentis vers la création et la réhabilitation des infrastructures culturelles dans les différentes régions du pays, à travers un partenariat public- privé, associatif et/ou communautaire.

Plusieurs idées fleurissent le discours du nouveau ministre. Ces idées mises en avant  traduisent-elles la volonté de l'Etat haïtien de répondre efficacement, par ces temps périlleux, à certains défis auxquels fait face le secteur culturel haïtien ? Le ministre Jacquet aura-t-il les moyens de sa politique ?



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