Elections : quel est le bon timing? 

Les Américains ont modifié leur position. Ils ne parlent plus d'élections au plus vite, ni cette année. Les élections doivent avoir lieu "dès que possible", soutiennent-ils. Entre-temps, la Fédération des barreaux d'Haïti (FBH) recadre, dézingue le CEP de Guylande Mésadieu qui "fait partie du problème et non de la solution" alors que l'OPC appelle le Premier ministre Ariel Henry à avancer sans délai vers la réalisation du référendum et des élections.

Publié le 2021-07-27 | lenouvelliste.com

Pour les Américains, les élections doivent se tenir " dès que possible ", après des solutions haïtiennes aux défis sécuritaires et politiques, à la suite de l’assassinat du président Jovenel Moïse. L'envoyé spécial des Etats-Unis en Haïti, Daniel Foote, est rentré à Washington DC, le lundi 26 juillet 2021, après avoir rencontré plusieurs acteurs en Haïti avec qui il « a discuté du soutien des États-Unis aux solutions dirigées par les Haïtiens aux défis sécuritaires et politiques pour une évolution vers des élections dès que possible », a informé un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis, lundi 26 juillet 2021.

Entre-temps, dans une correspondance en date du 21 juillet, la Fédération des barreaux d’Haïti a recadré la présidente du CEP, Me Guylande Mésadieu, après sa requête à la fédération de la soumission de deux listes d’avocats pour la formation des tribunaux référendaires et électoraux. « Votre volonté de poursuivre cet échéancier électoral parait pour le moins surprenante dans ce contexte de dégradation sécuritaire qui a conduit dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à l’assassinat du président Jovenel Moïse », ont écrit Me Jacques Letang et Me Robinson Pierre-Louis à la présidente du CEP.

La Fédération des barreaux d’Haïti a évoqué une précédente résolution indiquant que « le Conseil électoral provisoire nommé unilatéralement par le président Jovenel Moïse ne jouit d’aucune légitimité pour organiser les prochaines joutes électorales ».

La FBH a en outre rappelé que le CEP n’a pas prêté serment devant la Cour de cassation. « La disparition tragique de Monsieur Jovenel Moïse ne saurait apporter un surcroit de légitimité à cette institution qui fait à l’évidence partie du problème et non de la solution. Cela est d’autant plus vrai aujourd’hui, alors que cet attentat politique entretient des ressorts évidents -- et non encore élucidés -- avec les enjeux liés au contrôle du pouvoir et à l’organisation des prochaines élections », ont écrit les signataires de cette lettre.

L’Etat haïtien avait apporté plus de 30 millions de dollars dans le « basket fund » pour la réalisation du référendum controversé et reporté au 26 septembre, avant l’assassinat du président Jovenel Moïse, chez lui, à Pèlerin 5.

L’OPC en mode adelante

L’Office de la protection du citoyen, ayant à sa tête Me Renan Hédouville, est en mode adelante. Il a attiré l’attention du Premier ministre Ariel Henry, dans une correspondance en date du 26 juillet 2021, sur la nécessité de poursuivre, sans délai, une série de dossiers, dont l’adoption de la nouvelle constitution et la réalisation d'élections pouvant favoriser l’établissement de l’Etat de droit, la consolidation de la démocratie dans le pays.

« L’Office de la protection du citoyen voudrait attirer votre attention sur la nécessité de poursuivre, sans délai, une série de dossiers importants pouvant favoriser l’établissement de l’Etat de droit, la consolidation de la démocratie dans le pays avec bien évidemment la participation de toutes les filles et de tous les fils d’Haïti tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il s’agit de la question de l’adoption de la nouvelle constitution dont le processus a déjà été engagé et la réalisation d'élections, libres, honnêtes, transparentes, crédibles et inclusives dans la perspective du renouvellement du personnel politique pouvant ouvrir la voie au fonctionnement effectif des institutions démocratiques et républicaines, condition  sine qua non pour la stabilité et le progrès », lit-on dans cette lettre de l'OPC au nouveau Premier ministre Ariel Henry dans laquelle il dénonce l’assassinat lâche et cruel du président Jovenel Moïse et réaffirme l’obligation immédiate du gouvernement de tout mettre en œuvre pour que les commanditaires, les auteurs intellectuels et matériels de ce « crime ignoble » soient identifiés et traduits en justice.

Le référendum, controversé, dénoncé par plusieurs secteurs de la vie nationale, avait été reporté au 26 septembre, avec le premier tour des élections présidentielle, législatives et locales, par le CEP de Me Guylande Mésadieu.

Roberson Alphonse



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