Une juge à la Cour de cassation recherchée dans l’assassinat du président Jovenel Moïse                  

Publié le 2021-07-26 | lenouvelliste.com

La juge Wendelle Coq Thélot, dont l’audience en contestation de l’arrêté présidentiel du 8 février 2021 du président Jovenel Moïse la mettant à la retraite était en audience ce lundi à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, a des démêlées avec la justice. Elle vient de tomber sous le coup d’un mandat d’amener du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Bed-Ford Claude, daté du 23 juillet et d’un avis de recherche de la Police nationale d'Haïti pour assassinat, tentative d’assassinat et vol à main armée au préjudice du président Moïse, rendu public le lundi 26 juillet 2021.                                                                      

« La juge Wendelle Coq est un magistrat de la Cour de cassation, par la contestation de l'arrêté du 8 février 2021 la mettant à la retraite. Son statut de magistrat demeure. Elle n'est justiciable que devant la Haute Cour de Justice, selon la Constitution en vigueur », a réagi son frère et son avocat  Me Edwin Coq.                          

« Il n'y a plus de flagrance. Tout mandat émis à l'encontre de la juge Wendelle Coq à ce stade constitue une entorse grave à sa liberté individuelle, une violation flagrante des dispositions de l'article 24 et suivant de la Constitution en vigueur et des dispositions du Code d'instruction criminelle traitant du mandat d'amener », a soutenu  Me Edwin Coq, soulignant qu’à ce « stade aucun juge d'instruction n'est encore saisi dans le cadre du dossier d'assassinat du président de la République ». 

Me Edwin Coq a dénoncé une manipulation pour tenter de salir la réputation de la juge Wendelle Coq Thélot. « Il y a une manipulation de l'opinion publique nationale et internationale qui se fait depuis hier dans le dessein de tenter de salir l'image et la réputation de la juge Wendelle Coq, la seule et unique juge femme au niveau de la Cour de cassation de la République », a confié au Nouvelliste Me Edwin Coq.    

C’est sur les réseaux sociaux et sur radio Caraïbes que Me Edwin Coq dit avoir été informé lundi matin 26 juillet de l’existence de ce mandat d’amener. « Ce matin, tandis que je franchissais les portes de la salle d'audience de la Cour des comptes, j'ai appris que des gens armés ont fait irruption dans le domicile de la juge Wendelle Coq à Pèlerin 5. Sous le couvert  de perquisition et quelques minutes après, on a fait circuler un avis de recherche contre elle, pour vol à main armée, assassinat au préjudice du président Jovenel Moïse », a poursuivi l’avocat, indiquant que l’on présente la juge Wendelle Coq Thélot comme une « personne dangereuse, armée ».    

« Au moment où je vous parle, mes entreprises privées  à Marmelade viennent d'être perquisitionnées également », a confié Me Edwin Coq.                                                                

Plusieurs avis de recherche ont été décernés dans le cadre de l’assassinat du président Jovenel Moïse dont les funérailles ont été chantés vendredi, au Cap-Haïtien, sur fond de violences dans la ville.        

À ce stade, le dossier n’est pas encore confié à un juge d’instruction. Mais le parquet a déjà fait des auditions. Deux responsables de la sécurité du palais national au moment des faits, le commissaire Dimitri Hérard, chef de l’Unité de sécurité générale du palais national (USGPN), et le coordonnateur de la sécurité du président, Jean Laguel Civil, ont été auditionnés et écroués aux ordres du parquet de la capitale. 

Le nom de la juge Wendelle Coq Thélot revient souvent comme le choix d’une frange de l’opposition  politique pour être président provisoire. L’intéressée, contrairement au juge Mécène Jean Louis, ne s’était jamais exprimée  publiquement sur ce dossier. Considérée comme une bête noire du pouvoir, la juge Thélot, selon des partisans du régime, avait fait avorter la séance de prestation de serment, le 22 septembre 2020, du Conseil électoral provisoire (CEP) qui avait un mandat inconstitutionnel d’organiser un référendum pour changer la Constitution de 1987. Après l’irruption de la police dans des résidences au village Petit-Bois et l’arrestation d’une vingtaine de personnes, dont le juge Yvickel Dabrésil, accusées de fomenter un coup d’Etat avec l’intention de tuer Jovenel Moïse, un arrêté présidentiel avait  mis à la retraite la juge Thélot et les juge Dabrésil et Jean-Louis.     



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