Nouvelle administration ou nouvelle version du PHTK?

Publié le 2021-07-21 | lenouvelliste.com

Le Premier ministre Ariel Henry et son cabinet ont été installés mardi sur fond d’indifférence de la population et de mécontentement de la plupart des organisations politiques et sociales qui s'opposaient à Jovenel Moïse. Ce nouveau gouvernement bénéficiant du soutien de la communauté internationale réunit des fidèles ministres de l’administration Moïse, des figures proches de l’opposition et des inconnus de la scène politique et administrative. Sommes-nous alors dans la continuité de l’administration Moïse ? S’agit-il d’une nouvelle administration ?

Nommé par le président Jovenel Moïse avant son assassinat, le Premier ministre Ariel Henry a la chance ou la malchance de diriger un exécutif monocéphale. La présidence étant orpheline de son président, le Parlement dysfonctionnel, le neurochirurgien est libre de décider dans quelle direction il veut conduire le pays. Sauf si le Core Group qui le soutient déciderait de placer son gouvernement sous tutelle. Dans un cas ou dans un autre, Ariel Henry portera seul la responsabilité de son échec ou de sa réussite.

Il est trop tôt pour dire si le nouveau gouvernement s'inscrit dans la continuité ou non de l’administration Moïse. Attendons de voir Ariel Henry et ses ministres à l’œuvre pour le savoir.

Même si Ariel Henry n’était pas sur le devant de la scène avant sa nomination au poste de Premier ministre, il connait le bilan des Premiers ministres ayant servi l’administration du président Jovenel Moïse. Il sait que les multiples revendications de la population n’ont pas été satisfaites. Il doit savoir que Jovenel Moïse est parti sans tenir sa promesse de mettre hors d’état de nuire les gangs qui opèrent à travers le pays. On reprochait au président de ne pas s’attaquer à la corruption, de vassaliser les institutions, de ne pas combattre l’impunité, de politiser la Police nationale d’Haïti.

Le Premier ministre Ariel Henry est arrivé à la Primature sur fond de crise sociopolitique aiguë, dont les conséquences sur la population sont multiples. L’insécurité endeuille quotidiennement la population, les cas de kidnapping se multiplient, les conditions de vie de la population se dégradent. Les promesses de l’administration Moïse de s’attaquer à ces maux n’ont pas été tenues ou du moins le chef de l’Etat assassiné chez lui il y a deux semaines n’a pas eu le temps de les concrétiser.

A côté de l’obligation de répondre à ces exigences, Ariel Henry a la mission d’organiser des élections crédibles pour renouveler les institutions démocratiques. Il en a fait la promesse dans son discours de prise de fonction. Faut-il le prendre au mot ?

Concrétiser de telles promesses exigera du nouveau Premier ministre de divorcer d’avec le mode de gouvernance de l’administration Moïse. Ariel est-il prêt à créer les conditions pour que la justice fasse son travail ? Est-il prêt à se démarquer des personnalités soupçonnées d’implication dans la corruption et les attaques dans les quartiers populaires qui entouraient le président ? Est-il prêt à laisser la Police nationale faire son travail ?

Attendons de voir le Premier ministre à l’œuvre pour savoir si nous sommes dans la continuité de l’administration de Jovenel Moïse ou non.



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