Les avis divergent autour de la présence de la société civile au sein du gouvernement d'Ariel Henry

La formation du gouvernement d'Ariel Henry retient l’actualité et sa composition suscite de vifs débats  dans le pays. Le nouveau Premier ministre se targue d’avoir mis sur pied un gouvernement « inclusif », les Etats-Unis applaudissent cet exploit,  tandis que le sujet divise des acteurs se réclamant de la société civile en Haïti.

Publié le 2021-07-21 | lenouvelliste.com

« Du gouvernement d'Ariel Henry, trois membres sont issus de la société civile. Il s’agit de la ministre du Tourisme, Luz Kurta Cassandra François, recommandée par l’ATH ; Sophia Loréus, titulaire du ministère à la Condition féminine  et aux Droits des femmes et Jean Emmanuel Jacquet, l’actuel ministre de la Culture et de la Communication. Ces ressources ont été mises à la disposition de ce gouvernement pour effectuer un travail qui permettra d’améliorer les conditions de vie de la population », a fait savoir Joseph Domingue Orgella du Conseil national de la société civile haïtienne dans une entrevue accordée, le mercredi 21 juillet, à la radio Magik9 tout en révélant qu’il avait discuté avec l’actuel Premier ministre de la formation de ce gouvernement depuis que le président Jovenel Moïse l’a choisi.

Édouard Paultre, de la Coalition des Acteurs de la société civile( CASC) , de son côté, prend ses distances par rapport à la formation de ce gouvernement. « Nous n’avons pas participé à la formation de ce gouvernement. Regardez le parcours des personnes qui en font partie, certains sont des membres de l’ancien gouvernement, d’autres sont des fonctionnaires de l'administration publique. De quoi parlons-nous ? Nous parlons de la société civile. Je ne veux pas polémiquer mais il y a cette tentation des secteurs de la politique qui se servent du vocable de la société civile pour régler toutes sortes d’activités. Il y a des partis de l’opposition qui ont leur propre société civile, le pouvoir en a la sienne, mais tout le monde connaît la véritable mission de la société civile dans le pays », a-t-il rappelé lors d’un entretien accordé à la radio Magik9.

« La société civile n’a pas de maître. Cependant ceux qui se réclament de ce secteur doivent avoir un regard sur sa mission, les valeurs que défendent les acteurs, le regard qu’ils portent sur le gouvernement, l’administration publique et le fonctionnement de l’Etat », a-t-il observé, précisant qu’on peut faire fausse route si le mobile est de participer à tout prix  à un gouvernement. « Lorsqu’on intègre un gouvernement, il faut connaître sa mission. J’ai appris qu’Ariel Henry a monté un gouvernement, personne ne connaît sa mission, son mandat  et surtout la personne qui le lui a délivré », a-t-il poursuivi.

Quant à Joseph Domingue Orgella, il donne la garantie que « les représentants de la société civile » au sein du gouvernement d’Ariel Henry sont compétents pour assurer leur mission. Toutefois il a reconnu que le Premier ministre doit consentir beaucoup d’efforts pour trouver un accord politique. En ce sens, il l’encourage à continuer à dialoguer pour, a-t-il ajouté, faciliter une sérénité politique qui pourra mener vers une stabilité devant permettre le déroulement des élections.

 L’enjeu politique est de taille, de l’avis d’Edouard Paultre. « Un régime politique s’est installé dans le pays depuis 2011. Les rapports montrent qu’ils ont été impliqués dans des crimes financiers et de sang puis on installe un gouvernement avec quel ministre de la Justice ? Qui a gardé les grands portefeuilles ? Ce sont les gens de ce régime. L’international nous prend pour des bêtes qu’ils mènent à l’abattoir, ils montent un gouvernement de PHTK et alliés à qui ils donnent la mission de réaliser les élections. Si les élections sont organisées en ce moment, qui gagnera  le scrutin ? Ce sont ceux qui ont commis des crimes financiers, des crimes de sang, ceux qui sont au pouvoir ou qui ont gardé le pouvoir », a affirmé M. Paultre. 



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