Le gouvernement d’Ariel Henry salué par l’OEA et les États-Unis, critiqué par l’opposition et des organisations de la société civile

Publié le 2021-07-21 | lenouvelliste.com

Alors que l’Organisation des Etats américains et l’ambassade américaine en Haïti saluent la composition du gouvernement d’Ariel Henry, des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile dénoncent le cabinet ministériel qui, selon eux, a été formé sans aucun consensus. Ils annoncent que les discussions vont se poursuivre en vue d’arriver à la signature d’un accord politique entre toutes les forces vives du pays.

Pour le secrétaire général de l’OEA, le gouvernement d’Ariel Henry est un gouvernement de consensus. « Nous félicitons le dépassement des clivages des différents acteurs pour la formation d’un nouveau gouvernement consensuel en Haïti. Nous demeurons engagés pour un pays plus inclusif, prospère et démocratique et que cet effort se poursuive à travers la participation active de la société civile », a écrit Luis Almagro sur son compte Twitter.

De son côté, l’ambassade américaine en Haïti déclare sur Twitter : « Nous applaudissons l'inclusion de la société civile dans le cabinet ministériel  d'Haïti en tant qu’une voix importante de la société haïtienne. La société civile joue un rôle important dans le renforcement de la démocratie haïtienne et des institutions démocratiques. »

« La Commission pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise ne fait pas de différence entre le gouvernement de  Claude Joseph et celui d'Ariel Henry. Ils sont tous les deux des inventions de l'international à travers le BINUH. Les puissances internationales composant le Core Group agissent de plus en plus en amateurs pour empêcher le peuple haïtien d'exercer sa souveraineté », a rétorqué Jacques Ted St-Dic, membre de ladite Commission.

Selon Vélina E. Charlier, responsable de l’organisation « Nou pap dòmi », « le pays est sorti complètement du cadre légal et constitutionnel. Le nouveau gouvernement d’Ariel Henry ne peut être ni légal ni légitime au vœu de la Constitution. Il n'y a pas de provisions légales pour combler le vide institutionnel après le 7 juillet 2021, d'où l'impérieuse nécessité d'un large consensus entre les acteurs. »

« Nous continuons d'appuyer la démarche de  consensus menée dans la transparence par la Commission pour la recherche d'une solution haïtienne à la crise qui permettra de monter un gouvernement de rupture d'avec la pratique de violation systématique des droits. Nous croyons que seul un gouvernement de consensus pourra redonner confiance dans les institutions étatiques et attaquer le défi d'organiser des élections crédibles, honnêtes et sans violence pour remettre Haïti sur le chemin de la démocratie », a affirmé Vélina Charlier.

Le gouvernement d'Ariel Henry devait être un gouvernement de consensus et inclusif. Visiblement tel n'est pas le cas, si l’on en croit les prises de position des responsables de partis de l’opposition. « Tout gouvernement mis en place sans un consensus largement large est illégitime et ne fera qu’envenimer la situation », a déclaré Me André Michel, porte-parole du Secteur démocratique et populaire faisant référence au gouvernement d'Ariel Henry.

« Le Secteur démocratique et populaire travaille sérieusement avec les différents secteurs de la vie nationale pour faire émerger le plus vite possible une solution haïtienne durable pour éviter le chaos », a-t-il ajouté.

Pour sa part, l’ancien sénateur et responsable de parti politique Youri Latortue a fait savoir que le gouvernement d’Ariel Henry s'inscrit dans la continuité du PHTK, le parti de Jovenel Moïse qu’il combattait. « C’est la raison pour laquelle mon parti ne fait pas partie du gouvernement. Tout gouvernement doit être issu d'un accord puisqu'il n'y a pas de référence légale », a-t-il soutenu.

Même position pour Edmonde Supplice Beauzile, membre de l’opposition. « Nous exigeons un accord politique pour décider ensemble d’une feuille de route et d’un gouvernement de consensus; ce gouvernement ne crée pas la confiance pour favoriser un environnement serein pour l’organisation d'élections générales », a affirmé l’ancienne sénatrice, présidente de la Fusion.

Joseph Domingue Orgella, un des responsables du Conseil national de la société civile haïtienne, a déclaré mercredi matin sur Magik 9 avoir désigné trois membres au sein du nouveau gouvernement. Il s’agit de Sofia Loréus, nommée ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes ; Jean Emmanuel Jacquet est nommé ministre de la Culture et de la Communication, et  Luz Kurta Cassandra François, nommée ministre du Tourisme.



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