Des partis politiques de l'opposition retirent leur soutien à Ariel Henry, le Core Groupe le supporte

Parce que le Premier ministre nommé Ariel Henry a pris la décision de former seul un gouvernement sans consultater, les organisations politiques de l'opposition qui avaient signé le protocole d'entente avec le PHTK et alliés pour faire de Joseph Lambert président provisoire de la République et Ariel Henry Premier ministre, ont décidé de rompre l'accord et d'enlever leur soutien au PM nommé par Jovenel Moïse avant son assassinat.

Publié le 2021-07-19 | lenouvelliste.com

Dans une correspondance adressée le 16 juillet à Ariel Henry, des organisations politiques comme AAA, Fusion, MTVAYITI, INITE, FND, VERITE lui reprochent de vouloir former un gouvernement qui n'inspire pas confiance et qui ne répond pas aux revendications de la population.

« Suite à la rencontre de ce jour d'hui, les membres de l'opposition politique et de la société civile, signataires du Protocole d'entente nationale (PEN), s'empressent de vous informer qu'ils prennent acte de votre volonté de former un gouvernement sans tenir compte du caractère bicéphale de l'exécutif avec nombre de figures déjà décriées dans l'opinion publique avec leur projet politique rejeté depuis plus de trois ans par la population », lit-on dans la correspondance.

« Cette rencontre n'a pas permis de déceler non plus aucune velléité de satisfaire les revendications populaires, entre autres l'annulation des arrêtés et décrets liberticides et antidémocratiques, la tenue de différents procès des affaires PetroCaribe, CIRH, etc., portées dans les dix départements du pays et dans la diaspora  à travers des manifestations massives de contestation», critiquent ces organisations politiques de l'opposition.

Selon ces organisations politiques, « la montée exagérée de l'insécurité, les massacres perpétrés dans des quartiers populaires, les exécutions sommaires, la détention illégale de militants de l'opposition, les persécutions politiques répétées, la gestion catastrophique des affaires de l'État, le projet illégitime et illégal de doter le pays d'une nouvelle constitution sur mesure par référendum et l'organisation frauduleuse d'élections générales dans n'importe quelle condition: tel est le tableau accablant que portent dans leur passif les principaux choisis de votre nouveau gouvernement en gestation».

« Aussi, constatant que vous avez délibérément choisi de vous écarter des termes dudit protocole, les signataires du PEN se voient-ils dans l'obligation de vous enlever leur soutien et de poursuivre un dialogue inclusif avec les forces vives de la nation en vue de conclure un accord politique pour une résolution haïtienne pacifique à la crise», décident ces structures politiques de l'opposition.

Il faut souligner que le Dr Ariel Henry avait, 24 heures avant cette décision de ces organisations politiques de l'opposition, boudé une invitation de ces dernières évoquant des raisons de sécurité.

Parallèlement, dans un communiqué publié le 17 juillet, le Core Group encourage le Dr Ariel Henry à former son gouvernement pour répondre aux exigences de l'heure. 

« Le Core Group (composé des ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union européenne, du représentant spécial de l’Organisation des États américains et de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies) appelle à la formation d’un gouvernement consensuel et inclusif. Dans cet objectif, il encourage fortement le Premier ministre désigné Ariel Henry à poursuivre la mission qui lui a été confiée de former un tel gouvernement», lit-on dans le communiqué.

« Alors qu’Haïti affronte de graves périls, les membres du groupe expriment le souhait que l’ensemble des acteurs politiques, économiques et de la société civile du pays soutiennent pleinement les autorités dans leurs efforts de rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones actuellement en proie à la violence des gangs, d’organiser des scrutins législatifs et présidentiel libres, justes, transparents et crédibles dans les délais les plus brefs, et de s’assurer que chaque citoyen bénéficie de services adéquats de l’Etat», conclut le Core Group.



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