Claude Joseph, Ariel Henry et Joseph Lambert peuvent marquer l'histoire

Publié le 2021-07-16 | lenouvelliste.com

Le pays, comme avant l'assassinat du président Jovenel Moïse, n'est ni dirigé ni administré pour parapher feu Me Monferrier Dorval. Aujourd'hui on ne sait même pas à qui se plaindre ou s'adresser pour les problèmes qui compliquent notre quotidien. Qui s'occupe de rétablir l'ordre à Martissant ? Qui cherche à trouver une solution à la rareté de carburant dans les stations d'essence? 

S'il est vrai que le pays dispose d'un gouvernement, on a l'impression que son mandat se limite à l'enquête sur l'assassinat du président Jovenel Moïse et à l'organisation de ses funérailles. Pour preuve, la communication publique des autorités depuis presque deux semaines ne porte que sur ces deux points. 

Entre-temps, l'inquiétude sur la gouvernance du pays s'accentue. La solution-miracle à la crise politique qu'on attendait après la visite de la délégation de haut niveau des Etats-Unis en Haïti le week-end écoulé se fait encore attendre. Peut-être qu'on ne l'aura jamais. Il paraît que les Américains ont compris que la situation est plus complexe qu'ils ne l’imaginaient. Jusqu'ici, ils n'imposent pas de solutions et écartent la possibilité d'envoyer des troupes en Haïti. On ne sait pas si l'ONU soutient toujours Claude Joseph à la Primature jusqu'aux prochaines élections. 

Comment faut-il interpréter l'appel du Premier ministre Claude Joseph ce vendredi à une entente politique pour résoudre la crise? A côté de l'appel de Claude Joseph, il y a eu, d'une part, cette semaine, le report de la présentation du cabinet ministériel du Premier ministre nommé Ariel Henry. D'autre part, le président du bureau du tiers du Sénat qui devait prêter serment le week-end écoulé comme président provisoire se fait discret. 

Dans l'un ou l'autre cas, il faut comprendre qu'aucune de ces trois personnalités ne peut revendiquer légalement la succession de Jovenel Moïse. Aucune d'elles ne jouit ni d'assez de légitimité ni de provision légale lui permettant  de s'imposer comme le remplaçant de Jovenel Moïse en attendant les élections. 

Face à une telle situation, Claude Joseph, Ariel Henry et Joseph Lambert peuvent choisir de sortir par la petite porte ou d'entrer dans l'histoire comme ceux qui ont initié le dialogue interhaïtien pour éviter au pays de s’enfoncer davantage dans le chaos après les évènements tragiques du 6 au 7 juillet. Le dialogue doit commencer entre eux. Si Claude Joseph est sincère dans ses déclarations de ce vendredi, une partie du travail est déjà faite. Il ne reste qu'à Joseph Lambert et Ariel Henry de le rejoindre pour lancer le dialogue interhaïtien sur la gouvernance du pays après l'assassinat de Jovenel Moïse.

 La communauté internationale et les groupes organisés de la société civile pourraient assister les acteurs politiques crédibles dans cette initiative. Ce serait une occasion de tester la bonne foi de la communauté internationale qui appelle toujours à une solution concertée à la crise. Le pays a déjà raté assez d'occasions pour prendre la voie de la stabilité, nous ne devons pas rater celle-ci. Nous ne devons pas non plus nous permettre de refaire les mêmes erreurs après la fin de la dictature des Duvalier et après le départ d'Aristide en 2004. 



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