La vie ne s’arrête pas avec l’assassinat de Jovenel Moïse

Publié le 2021-07-14 | lenouvelliste.com

L’escalade de violences redoutée après l’assassinat du président Jovenel Moïse n’est pas arrivée fort heureusement. Ce qui facilite l’avancement de l’enquête lancée par les autorités en vue de retrouver les exécutants et les auteurs intellectuels de ce crime odieux. Pour une fois, une enquête s’accélère dans notre pays. Arrestations, auditions de suspects et mesures conservatoires se multiplient. Faut-il attendre incessamment les réponses satisfaisantes aux multiples questions suscitées par l’assassinat du chef de l’Etat ? On ne sait pas.

Une chose est sûre, les autorités étatiques mettent toute leur force dans la bataille si bien qu’on a l’impression que le gouvernement oublie si notre quotidien ne se résume pas à l’enquête sur le crime contre Jovenel Moïse. Il y a d’autres problèmes aussi urgents que l’arrestation des auteurs et co-auteurs du crime qui méritent d’être adressés. L’insécurité qui endeuille les familles haïtiennes en est un. La situation à Martissant reste préoccupante. Personne ne sait combien de personnes ont déjà été tuées dans la zone depuis le début de la guerre entre les gangs au mois de juin écoulé. Dieu seul sait combien de cadavres sont laissés sur le pavée à la merci des animaux errants. Les conséquences économiques de cette bataille sur le grand Sud est incalculable. La situation est si grave qu’elle devrait préoccuper les autorités au même titre que l’enquête sur l’assassinat du chef de l’Etat. Les cris de ceux qui bravent le danger au quotidien, par obligation, pour traverser Martissant semblent être trop faibles pour porter les autorités à agir.

A côté de la guerre des gangs à Martissant, les kidnappeurs reprennent du service à travers le pays. Après quelques semaines de pause par certains gangs de la capitale, au moins un cas de kidnapping a été signalé au Bicentenaire mardi soir. Parallèlement, au moins une dizaine de passagers à bord d’un bus de transport en commun ont été enlevés mercredi matin à Gros-Morne dans le département de l’Artibonite. N’est-ce pas un appel pour que les forces de l’ordre redoublent de vigilance ? Provisoires, intérimaires, de facto, quel que soit leur statut, il est de la responsabilité des autorités en place de garantir la sécurité des vies et des biens partout sur le territoire.

L’insécurité n’est pas notre seule galère. Depuis des semaines, il faut être chanceux ou engager des contacts pour trouver du carburant dans les stations d'essence. A la base de cette situation, on évoquait le problème d’insécurité à Martissant et à Cité Soleil. Tant que les jours passent, le problème persiste et on remet en question la cause avancée par les autorités. La rareté de carburants, notamment la gazoline dans les stations d'essence complique notre quotidien. A défaut de résoudre le problème, les autorités doivent au pays des explications, encore plus la vérité.

Le président Jovenel Moïse a été assassiné il y a huit jours. Même si les autorités donnent la priorité à l’enquête sur le crime et l’organisation de ses funérailles, elles doivent se rappeler qu’il existe d’autres urgences à adresser.



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