L’assassinat du président Jovenel Moïse a été planifié en République dominicaine, selon la PNH

Publié le 2021-07-14 | lenouvelliste.com

Le directeur général a.i. de la Police nationale d'Haïti (PNH), Léon Charles, a fait le point sur les enquêtes administrative et judiciaire relatives à l’assassinat du président Jovenel Moïse. Pour l’heure, au niveau de l’Inspection générale, quatre responsables de la sécurité du président ont été placés en isolement, selon les informations communiquées par le chef de l'institution policière. De plus, a-t-il souligné, 24 agents sont frappés de mesures conservatoires. 

Plus loin, le numéro un de la PNH a présenté une photo, dans laquelle figurent des auteurs intellectuels et des planificateurs de l’assassinat du président Moïse. Sur cette image, devenue virale sur la Toile depuis dimanche soir, on peut voir notamment Christian Emmanuel Sanon, James Solages, tous deux déjà interpellés, Joël John Joseph, objet d’un avis de recherche, entre autres. Selon Léon Charles, les personnes présentes sur ce cliché planifiaient l’assassinat du président Moïse.

« Ils s'étaient réunis dans un hôtel à Santo Domingo (République dominicaine, NDLR). Autour de la table il y a les auteurs intellectuels, un groupe technique de recrutement et un groupe de financement. Certains sur la photo ont déjà été appréhendés. C’est le cas du Dr Christian Emmanuel Sanon, James Solages. Ce dernier a effectué les coordinations avec la firme de sécurité vénézuélienne CTU, basée à Miami. Le responsable de la firme, Antonio Emmanuel Intriago Valera, est sur la photo. Il est entré plusieurs fois en Haïti pour planifier l’assassinat. Il y a aussi sur le cliché le responsable de la compagnie Worldwide capital lending group, Walter Veintemilla. Nous sommes en train d’enquêter sur cette entreprise qui aurait collecté des fonds pour financer l’exécution de l’acte criminel. L’ancien sénateur John Joël Joseph, présent également à la réunion, est activement recherché », a détaillé Léon Charles. 

Plus loin, le directeur général de la PNH a indiqué que parmi les deux premiers membres du commando contactés par James Solages, l’un a été tué par la police alors que l’autre, German Alejandro Rivera Garcia, a été capturé. Il a indiqué que les derniers mercenaires sont entrés en Haïti le 6 juin. « Il y avait un groupe de quatre qui étaient déjà présents. Les autres sont entrés le 6 juin. Ils sont passés par la République dominicaine. Nous avons retracé la carte de crédit qui a été utilisée pour acheter les billets d’avion », a-t-il déclaré.

Trois Colombiens ont été stoppés alors que 18 autres ont été appréhendés. Le chef de la police indique que les prévenus sont auditionnés sans cesse au niveau de la police judiciaire afin d’avancer avec l’enquête et remonter aux auteurs intellectuels. Ainsi, 10 maisons ont été perquisitionnées. Selon Léon Charles, les auteurs intellectuels ont recruté des experts pour s’assurer de la réussite de l’opération. «Ce sont des anciens militaires des forces spéciales de la Colombie. Ce sont des experts, des criminels. Il s'agit d'une opération bien planifiée », a-t-il fait savoir. 

Parmi les Haïtiens appréhendés figurent notamment James Solages et Joseph Vincent. Selon le patron de la PNH, ces deux concernés ont participé à toutes les planifications, au recrutement et aux opérations. Léon Charles a confié que la police a trouvé des pièces à conviction chez d’autres prévenus haïtiens. « Nous avons trouvé chez Reynaldo Corvington 8 fusils de calibre 12, dont 3 automatiques, un M1, un AR-15, 9 pistolets, 5 fusils de chasse, plusieurs chargeurs, 3 grenades à fragmentation et un véhicule. Nous avons trouvé chez Gilbert Dragon plusieurs cartouches de calibre 12 mm, un sabre, 2 grenades, un AR-15, 2 pistolets de calibre 9 mm, 2 gilets pare-balles. Ces messieurs ont planifié des rencontres à plusieurs niveaux depuis l’arrivée des assaillants, les ont logés, leur ont loué des véhicules, leur ont fourni des armes, etc. », a expliqué le directeur général de la PNH.

La police a émis quatre avis de recherche dans le cadre de l’assassinat du président Jovenel Moïse. « Les personnes recherchées répondent aux noms de Joseph Félix Badio (coordonateur de l'opération sur le terrain; logistique; location d'une maison aux alentours de la résidence du président; acquisition de materiel; falsification de plaques d'immatriculation CD; fabrication du logo de la DEA, etc.), l’ancien sénateur John Joël Joseph (trésorier de l'opération; chargé de la coordination des rencontres avec les mercenaires; location de véhicules; paiement de materiel acheté), Rodolph (Dodof) Jaar (coordonateur de l'opération sur le terrain; hébergement des mercenaires à Laboule 22, trois jours avant l'assassinat; location de véhicules; chargé de la coordination des rencontres avec les mercenaires; paiement de matériel et financement) et Gordon Phenil Désir (location de véhicules ; coordination des rencontres avec les mercenaires et paiement de matériel) », a fait savoir le DG, qui a ajouté que d’autres personnes sont également activement recherchées. « On n’a pas encore publié leurs avis de recherche afin de ne pas nuire au déroulement de l’enquête », a-t-il précisé. 

Le numéro un de la PNH a salué la collaboration de plusieurs pays qui ont mis à la disposition de l'institution policière des enquêteurs et tous les moyens nécessaires afin d’élucider cette affaire. « Nous avons la collaboration de l’Interpol, de la Colombie, des Etats-Unis, etc. Nous sommes sur la bonne voie. L’enquête est très avancée », a-t-il assuré.



Réagir à cet article