Carnage à Christ-Roi, massacre à Delmas, 15 morts selon la PNH                 

Publié le 2021-06-30 | lenouvelliste.com

Des hommes lourdement armés ont semé la mort dans leur sillage entre Delmas 32 et la rue Acacia à Christ-Roi. 

Onze personnes -- rien que des hommes -- ont été tuées à l’arme automatique à la rue Dessalines, Delmas 32, aux environs de onze heures p.m., dans la soirée du mardi 29 juin 2021, a appris Le Nouvelliste d’un juge suppléant du tribunal de paix de Delmas, Pierre Raphaël, mercredi 30 juin. 

« Nous avons verbalisé 11 corps inertes de sexe masculin à la rue Dessalines, Delmas 32. Nous avons observé des orifices à la tête sur trois de ces corps. Selon des témoins, les faits se sont produits aux environs de onze heures du soir. Nous avons vu une trentaine de douilles d’armes de gros calibre sur place », a-t-il confié alors qu’il était encore sur les lieux du carnage. On dénombre parmi les tués Maxnold Guillaume, le frère de la chanteuse vedette Rutshelle Guillaume. 

Les photos qui ont circulé sur les réseaux sociaux sont d’une insoutenable cruauté. Il y a celles de deux hommes abattus en face d’un bar et d’autres victimes allongées sur le macadam les yeux livides fixant le vide au bout de leur sang mêlé à leur cervelle. « C’est terrible », a rapporté Worlgenson Noël, journaliste du journal Le Nouvelliste, dépêché sur les lieux. « J’ai vu 6 cadavres à la rue Dessalines. Autour de moi, des gens indiquent qu’il y en a d’autres un peu plus loin », a fait savoir le journaliste au moment où des habitants de Delmas 32, une zone peuplée, faisaient le décompte macabre. Des témoins ont indiqué avoir compté 16 corps, a expliqué le journaliste, qui intervenait en direct à la matinale de Magik 9 sur le 100.9 FM. 

Non loin des lieux de ce carnage, dans la commune de Port-au-Prince, le journaliste de Vision 2000 Diego Charles, 33 ans, et Antoinette Duclair, 33 ans, militante politique, porte-parole de Matris Liberasyon, ont été tués par balle à la rue Acacia (Port-au-Prince).  

La zone métropolitaine est livrée aux bandits. A cause de la guerre des gangs à Martissant, la capitale est coupée de quatre départements du grand Sud. Des organismes de défense des droits humains évoquent une cinquantaine de morts, des dizaines de maisons incendiées et des milliers de déplacés. Le nord de Port-au-Prince et tout le bas de la ville (le bord de mer) sont contrôlés par des gangs qui ont droit de vie et de mort.

Il y a deux semaines, des bandits ont pillé des entrepôts de provisions alimentaires. Samedi dernier, dans la matinée, à Croix-des-Bouquets, à l’est de Port-au-Prince, des malfrats du gang 400 Mawozo ont effectué un raid, comme pour démontrer leur puissance. Une dizaine de véhicules ont été incendiés. Les autorités n’ont que des mots alors que les bandits armés crachent les feux de l’enfer sur la population. Le coordonnateur du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, a déploré un « carnage », l’assassinat par balle de 15 personnes par des hommes circulant à moto, à Delmas 32. C’est un cycle infernal. « De 2018 à nos jours, le RNDDH a recensé 12 massacres qui ont fait 418 morts,129 disparus, 679 orphelins. 33 femmes ont été violées », a précisé au journal Pierre Espérance. 

Roberson Alphonse



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