Insécurité

La guerre des gangs se poursuit à Martissant

Les groupes armés à Martissant en sont à leur 22e journée d'affrontements violents ce mardi 22 juin. Sur la route nationale numéro 2 et dans les hauteurs de Martissant, ces gangs armés luttent violemment pour le contrôle de territoires. La population civile en fait les frais, souvent de leur vie...

Publié le 2021-06-22 | lenouvelliste.com

Le contrôle de Martissant 23 et de Martissant 4 est maintenant l'un des principaux enjeux de cette guerre sanglante entre les gangs de Village-de-Dieu et de Grand-Ravine contre le gang de Ti Bwa. Ce dernier se bat pour récupérer ses territoires (Martissant 23 et Martissant 4) tombés sous le contrôle de Village-de-Dieu au début des affrontements. Craignant une attaque des hommes de Ti Bwa, emmenés par Krisla, le gang de Village-de-Dieu, dirigé par Izo, ouvre le feu sur pratiquement tout ce qui bouge sur la route nationale numéro 2 au niveau de Martissant 23 et de Martissant 4.

À Martissant 23 se trouvent le marché, quelques petites entreprises et la population. Cette route mène à l'ancienne habitation Leclerc qui est aujourd'hui le parc de Martissant, dirigé par la FOKAL.

À Martissant 4 sont logés notamment un centre commercial qui abrite une succursale de banque, un supermarché et plusieurs autres entreprises. On trouve aussi dans la zone un terminal de produits pétroliers et l’hôpital de Médecins sans frontière. L'attaque des groupes armés dans ce quartier dans la nuit du mardi 1er juin a particulièrement été violente, si l'on en croit les témoignages des résidents qui ont fui leurs maisons.

« De façon indiscriminée, les hommes armés ouvrent le feu sur les rares véhicules privés comme ceux transportant des passagers qui s'aventurent dans la zone. Ce lundi, plusieurs usagers de la route ont été, soit tués ou blessés. J'ai personnellement vu un chauffeur de taxi-moto tué à Martissant 23 », a confié au Nouvelliste un chauffeur de transport en commun, soulignant que c'est très risqué de fréquenter cette route.

« Depuis le 1er juin, la guerre entre ces groupes armés pour le contrôle de la zone n'a jamais cessé. Il ne se passe pas un jour sans qu'il y ait des échanges de tirs entre les groupes rivaux », a fait savoir un résident de Fontamara, qui refuse d'abandonner sa maison comme l'ont fait plusieurs milliers d'autres personnes notamment à Martissant. On trouve des victimes dans les deux camps, mais surtout au sein de la population civile qui paie le plus lourd tribut, a-t-il ajouté.
 
Difficile de déterminer le nombre de victimes au sein de la population dans cette guerre. « La guerre entre ces groupes armés se fait sur deux fronts: la route principale où l'on peut voir certaines des victimes et dans les hauteurs de Martissant où il est difficile d'en fixer le nombre », a fait remarquer ce résident de Fontamara.

Après l'attaque des groupes armés contre le sous-commissariat de Martissant au début du mois de juin, les policiers l'ont abandonné. Un véhicule blindé monte la garde constamment devant le bâtiment et fait certaines fois le va-et-vient sur la route principale. Mais cela ne change absolument rien à la situation.

Les milliers de déplacés qui ont fui la violence dans le quartier de Martissant attendent encore la réponse des autorités pour retourner chez eux. Ils sont plus de deux mille à être hébergés au centre sportif de Carrefour dans des conditions très difficiles.

Ce n'est que ce dimanche 20 juin que le président a dit passer des instructions afin que des institutions concernées leur viennent en aide.

« Nous avons plus de 3 000 déplacés à Martissant  logés au centre sportif de Carrefour. Nous avons plus d'un millier de déplacés dans la zone de bas Delmas. Je demande à la Protection civile, au FAES, à la ministre des Affaires sociales et au Premier ministre d'organiser une réunion d'urgence ce dimanche afin de voir quelle est la meilleure façon de venir en aide à ces gens », a annoncé le président 20 jours après le début des affrontements armés qui ont forcé des membres de la population à abandonner leurs foyers.

Le président promet à ces déplacés que l'Etat et la police vont leur permettre de regagner leurs demeures.

Selon la Primature, le Premier ministre a.i. Claude Joseph a rencontré ce lundi tous les représentants des secteurs concernés par la situation des déplacés de Martissant.

« Il s’agit pour le chef du gouvernement a.i. de faire une évaluation de la situation et de coordonner, avec les ministres des Finances et des Affaires sociales, ainsi que les directeurs généraux du Fonds d'assistance économique et sociale (FAES) et de l’Organisation nationale pour la migration (ONM), la prise en charge et le retour de ces compatriotes dans leur domicile conformément aux instructions du chef de l’État, Jovenel MOÏSE », a fait savoir la Primature sur son compte Twitter.

Visiblement, les déplacés vont devoir attendre pendant longtemps encore avant de pouvoir retourner à Martissant où les forces de l’ordre ont toutes les peines du monde à repousser les groupes armés et faire revenir la paix.



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