Le CARDH dénonce l’hégémonie de la criminalité et questionne la responsabilité de l’État

Publié le 2021-06-18 | lenouvelliste.com

Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) a publié, le jeudi 17 juin 2021, un rapport qui retrace les méfaits de la guerre des gangs, sur le pays notamment sur la région métropolitaine. En plus d’avoir le contrôle de certains territoires, ils ont perpétré des massacres, viols, kidnappings, tortures, prenant d’assaut des sous-commissariats ou postes de police. Le pire, c’est que cette guerre sans merci a poussé la population civile à abandonner sa demeure.

Presque tous les jours, des bandits opèrent dans les quartiers de Cité Soleil, de bas Delmas. Le CARDH estime qu’environ 10 000 déplacés sont répertoriés pour la première moitié du mois de juin (du 1er au 15) dans la zone métropolitaine. Mais depuis trois semaines, les affrontements entre les gangs de Gran-Ravin, Ti Bwa et Village-de-Dieu ont poussé près de 2 000 personnes, de ce nombre cité précédemment, dont 507 garçons, 582 filles, 426 mineurs et 50 nourrissons à se loger dans le non-respect des normes sanitaires en pleine recrudescence de la pandémie de coronavirus au centre sportif de Carrefour, note le CARDH. Les violences à Martissant ont fait une vingtaine de morts (population civile), des dizaines de blessés.

« Ce qu’Haïti vit actuellement peut, pour le moins, être qualifié de consécration du règne de la criminalité généralisée. Devenus hégémoniques, les gangs font la loi à la République. Cette monstrueuse réalité se développe sous le regard de ceux qui se réclament de gouvernants, largement complices, et de la coopération internationale. Étant vulnérables aux plans social et économique, les citoyens des quartiers populaires en sont les premières victimes », peut-on lire dans ce rapport.

Selon cette organisation de droits humains, ces groupes armés, « bénéficient du financement, d’autres moyens et du mutisme de l’administration Jovenel Moïse, la prédominance des gangs du G9 en fanmi e alye est affirmée, alors que la Police nationale d’Haïti, dont la mission est de protéger les vies et les biens, est impuissante et devient par la suite leur cible ». Ils sèment le deuil et le chaos dans le pays. De janvier à aujourd'hui, au moins 231 rapts ont été recensés, dont 14 ressortissants étrangers, selon les données du CARDH.

Pour le CARDH « l’administration Jovenel Moïse omet ses obligations de droits humains (respecter, protéger et mettre en œuvre), en est donc responsable ». Détenteur du monopole de la violence légitime, l’Etat doit rétablir son autorité. Pour y parvenir, a-t-il ajouté, il faudra une administration compétente, crédible, établissant clairement une vision et des politiques publiques de sécurité. Aussi la police doit-elle avoir les moyens matériels, financiers, humains et stratégiques nécessaires pour mener sa mission.

 Pour désamorcer cette bombe à retardement, recommande l’organisation de droits humains, tout accord politique devra se fonder sur une politique effective de désarmement, condition préalable à la réalisation d’élections démocratiques. Tout accord politique devra se fonder sur une politique effective de désarmement qui, d’ailleurs, est incontestablement l’une des conditions à la réalisation d’élections démocratiques devant permettre aux citoyens de choisir librement leurs dirigeants.



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