« Le référendum est un acte souverain », répond Mathias Pierre à Antony Blinken

Publié le 2021-06-15 | lenouvelliste.com

Le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Questions électorales et des relations avec les partis politiques, Mathias Pierre, continue de défendre le projet de référendum, caressé par le pouvoir en place, même si pour cela il doit tacler l’administration de Joe Biden qui récemment s’est opposée  à ce projet. « Un pays ami a le droit de ne pas être en accord avec une action entreprise dans un autre pays, mais il ne faut pas oublier que le référendum est un acte souverain d’une nation, d’un peuple,  qui décide d’un nouveau contrat social , revoit le contrat de vivre ensemble qui est la Constitution. Le seul moyen pour le peuple de dire s’il est d’accord ou pas avec cette constitution, c’est à travers un processus électoral qu'est le référendum », a-t-il expliqué  dans une entrevue accordée à radio Magik9 le mardi 15 juin, tout en soulignant que la Constitution de 1987 est à l’origine de « nombreux problèmes et crises dans le pays ».

« Aux Etats-Unis, ailleurs, bref, ou dans tous les pays du monde, quelqu’un peut s’opposer à un processus qui,  pour moi,  est un processus souverain. Le peuple haïtien est le seul  capable de décider à travers le référendum s’il veut une constitution ou s’il ne la veut pas. D’ailleurs, aucun pays étranger n’a  contribué dans le basket fund pour faciliter l’organisation du référendum. Haïti est le seul pays à avoir versé de l’argent dans le basket fund, c’est normal car le pays est souverain », a-t-il relaté, plus loin, à cette entrevue.

Au même titre que plusieurs acteurs de la société, quatre associations patronales (l'ATH, l'ADIH, la CCIO et  l’AMCHAM) avaient, le 7 juin, adressé une lettre au ministre de la Culture et de la Communication, pour demander au gouvernement de surseoir au projet de référendum constitutionnel afin de garantir une concertation inclusive et participative. Selon ces associations du secteur privé des affaires, il n'y a ni cadre légal ni accord politique pour changer la loi mère. La demande de ces associations patronales n'est pas fondée, a laissé croire Mathias Pierre.  « Le premier exercice a été fait, le texte est mis en débat, un premier draft a été publié puis un deuxième  qui adresse la majorité des reproches autour du premier texte. Qu'est-ce qui nous empêche de trouver un accord politique ? s’est-il demandé, rappelant que l’actuel occupant du palais national, Jovenel Moïse, s’est toujours mis à la disposition de toutes les personnes voulant trouver une solution à la crise à travers la médiation, l'intermédiation entre autres.

En plus, fait remarquer M. Mathias Pierre, le président Moïse a fait « un geste plus décisif » en nommant un Premier ministre par intérim, laissant le champ libre à un accord politique. « La bataille contre le référendum et la nouvelle constitution est une bataille contre les élections parce que ceux qui s’y opposent ne veulent tout simplement pas aller aux élections », a-t-il ajouté.

M. Pierre estime que le projet de référendum cadre avec la loi. Selon lui, le CEP contesté par plusieurs couches de la vie nationale est légal. « Il n’est mentionné nulle part dans la Constitution de 1987 que le CEP doit prêter serment devant la cour de cassation »  a-t-il fait savoir. A tort, l'article 194-2 de la Constitution stipule qu'« Avant d'entrer en fonction, les membres du conseil électoral permanent prêtent le serment suivant devant la Cour de cassation: Je jure de respecter la Constitution et les dispositions de la loi électorale et d m'acquitter de ma tâche avec dignité, indépendance, impartialité et patriotisme'.»

Dans une entrevue accordée à la radio Magik9 le 27 avril dernier, la présidente du Conseil électoral provisoire, Guylande Mésadieu, a admis sur les ondes de radio Magik9 que la prestation de serment des membres du Conseil électoral constitue une étape importante dans le cadre de la formation du CEP. Voilà pourquoi a-t-elle signalé, que les membres du CEP désignés se sont rendus aux locaux de cette institution. « Les juges ont reporté la séance sine die. Nous sommes jusqu'à présent en attente de leur décision », avait-elle indiqué.



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