Crise politique

L'OEA achève sa mission

Arrivée au pays le mardi 8 juin dernier, la mission de l'OEA a passé ces trois derniers jours à rencontrer des acteurs politiques et des membres de la société civile. Au terme de sa mission le jeudi 10 juin, la délégation de l'organisation hémisphérique a souligné qu'elle était en Haïti pour « faciliter un dialogue qui conduirait à des élections libres et équitables.»

Publié le 2021-06-10 | lenouvelliste.com

Depuis plus de trois ans, les acteurs impliqués dans la crise politique refusent de se parler. Chaque partie campe sur ses positions et le pays s'enlise dans l'anarchie. Le président Jovenel Moïse et ses différents gouvernements se trouvent dans l'incapacité de diriger et l'opposition, divisée, peine à proposer à la nation une alternative viable et rassembleuse. C'est dans ce contexte que le Conseil permanent de l'OEA a envoyé au pays cette mission pour tenter de débloquer la situation.

« Une mission de bons offices de l'Organisation des États américains (OEA) est arrivée à Port-au-Prince, en Haïti, le 8 juin 2021, pour une visite de trois jours. Composée des représentants permanents du Canada, du Costa Rica, de l'Équateur, de Saint-Vincent-et-les Grenadines et des États-Unis, et appuyée par le secrétariat général de l'OEA et le représentant spécial du secrétaire général en Haïti, la mission avait pour but de faciliter un dialogue qui conduirait à des élections libres et équitables», selon un communiqué de la mission de l'OEA.

Les membres de la mission, a ajouté le communiqué, ont été reçus en audience par le président Jovenel Moïse avec la participation du Premier ministre par intérim et ministre des Affaires étrangères, Claude Joseph. Les membres de la mission ont également participé à plusieurs tables rondes, avec plus de 50 interlocuteurs issus d'un large éventail d'acteurs de la société civile et politique, a précisé le communiqué.

« Ces rencontres ont permis d'échanger sur les défis auxquels fait face Haïti et de renouveler l'engagement des parties prenantes en Haïti à un processus démocratique inclusif conduisant à des élections libres et équitables dans les prochains mois », lit-on dans le communiqué. 

« À chaque réunion, les membres de la mission de bons offices ont demandé :- engagement en faveur de la démocratie représentative en vertu de la Charte démocratique interaméricaine;
- engagement pour des élections législatives et présidentielle libres et équitables en 2021;
- un processus électoral transparent avec la contribution de toutes les parties prenantes qui sera crédible pour le peuple haïtien;
- accord de compromis pour parvenir à un accord politique au profit du peuple haïtien;
- engagement contre la violence politique et l'impunité et engagement à respecter les droits humains », a rapporté le communiqué. 

La mission de l'OEA s'est félicitée « de l'opportunité de dialoguer directement avec un large éventail de parties prenantes et d'un dialogue franc et ouvert ».

« La mission examinera maintenant les contributions qu'elle a reçues et, dans un délai de deux semaines, elle soumettra un rapport au président du Conseil permanent avec ses constatations, conclusions et recommandations », a annoncé la mission de l'OEA.

Chaque organisation politique tente de justifier pourquoi elle a rencontré la mission ou pourquoi elle a refusé de la rencontrer.
Jovenel Moïse a déclaré dans un tweet ce jeudi: « Avec la mission de l’OEA, j’ai eu une deuxième rencontre au cours de laquelle ont été passées en revue les positions affichées par les secteurs de la société. Lors de cet entretien j’ai rappelé à l’OEA que les élections restent la voie incontournable pour la survie de notre démocratie.»

«Je remercie la mission de l’OEA pour sa présence en Haïti, malgré la pandémie. J’en ai profité pour solliciter le support de l’organisation dans le cadre de l’organisation des élections, notamment sur le plan sécuritaire. L’implication de l’OEA dans le processus sera capitale », a indiqué M. Moïse dans un autre tweet.

Il faut remarquer qu'à aucun moment le locataire du Palais national n'a dit évoquer le dossier de référendum dans ces deux rencontres avec la mission de l'OEA.



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