« Le pouvoir en place peut ne pas avoir le temps matériel d’organiser un tour d’élections »,  prévient  Liné Balthazar

Le président du parti politique PHTK estime que le temps ne joue pas en faveur du chef de l’État Jovenel Moïse.  Dans une interview accordée à la radio Magik9 le jeudi 10 juin, Liné Balthazar l’invite à créer, au plus vite,  les conditions nécessaires devant permettre le bon déroulement des élections dans le pays.

Publié le 2021-06-10 | lenouvelliste.com

7 mois et 20 jours, c’est le temps restant du mandat de Jovenel Moïse, selon Liné Balthazar, le président du parti politique PHTK, qui a défendu cette position devant les missionnaires de l’OEA qui sont en Haïti pour tenter de trouver une issue à la crise qui sévit dans le pays. Le temps presse. Il exhorte le premier citoyen de la nation à faire une bonne gestion du temps s’il veut avoir une chance d’organiser les élections. « 7 mois et 20 jours, c’est à peine le délai d’exécution des principales opérations électorales  quand tout marche bien dans le pays. Lorsqu’il n'y a pas de crise, de problème de sécurité, de logistique. 7 mois et 20 jours le délai d’exécution des 5 ou 7 opérations électorales principales menant aux élections », a-t-il soutenu, soulignant que l’exécutif, qui dispose de ce délai serré, n’a plus de temps à perdre. «  Le pays dispose actuellement de 11 élus contre cinq mille en 2017 », informe l'homme politique.

Le proche du pouvoir dit attendre que Jovenel Moïse  prenne toutes les dispositions adéquates pour organiser les élections  « sous l’empire de la Constitution de 1987. Les dispositions d’ordre politique à envisager se situent sur la base d’un accord politique, la formation d’un nouveau Conseil électoral  et d’un nouveau gouvernement, selon Liné Balthazar, qui pense, contrairement aux opposants du pouvoir que c’est l’actuel président, Jovenel Moïse, qui doit initier un processus électoral et créer les conditions pour faciliter l’organisation d'élections justes et équitables, transparentes et crédibles dans le pays ».

« Des organisations politiques et techniques doivent avoir lieu pour créer les conditions nécessaires à l'organisation d'élections inclusives et crédibles », a insisté M. Balthazar, qui a confié que « le pouvoir en place peut ne pas avoir le temps matériel d’organiser un tour d’élections quelle que soit la constitution choisie pour le faire. Si, en plus, ils se mettent en tête d’organiser les élections sous l’empire d’une nouvelle constitution, ils traverseront le 7 février 2022 sans être prêts pour l’enclencher. Autant créer les conditions nécessaires avec le président de la République pour initier le processus car le temps est court. « L’ensemble des opérations à faire ne peuvent pas être faites en deux mois et 20 jours comme on l’a prévu dans le précédent calendrier électoral. Cela n’a pas de sens. L’ensemble des opérations qui pourront mener aux élections crédibles peuvent durer au minimum 7 mois. Allant de l’inscription des partis politiques et le jet du premier bulletin », a-t-il poursuivi.

« Ce n’est pas le moment de perdre de temps dans la question du référendum, le moment est venu de se concentrer pour créer les conditions requises en vue d'organiser les élections ». Pour y arriver, l’accord politique est primordial, a reconnu le chef de parti politique avant d’ajouter : « Plus le président se rapproche de la fin de son mandat, plus il sera nécessaire de s’asseoir avec lui pour trouver une solution. »



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