Que s’est-il passé le 7 juin avec le projet de référendum?

Publié le 2021-06-09 | lenouvelliste.com

Alors que la mission de l’OEA s’informe des voies et moyens pour aider à trouver une solution à la crise haïtienne, les ministres du gouvernement continuent de faire la promotion de la nouvelle constitution dans des rencontres qui réunissent ceux qui sont en accord avec le projet. Tous les participants étant payés pour être d’accord, cela n’est pas difficile.

Dans le même temps, après la décision annoncée le 7 juin par le Conseil électoral de reporter sine die le référendum du 27 juin, les États-Unis d’Amérique, à leur tour, viennent de réviser leur position.

En audition le même 7 juin devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le secrétaire d’État Antony Blinken a déclaré que l’administration Biden « s’oppose » au référendum constitutionnel du président Jovenel Moïse et a indiqué qu’il y a une  possibilité et une opportunité, si les étapes appropriées sont respectées, d'avoir des élections en Haïti cette année.

Ce revirement qui intervient, pure coïncidence sans doute, le même jour que l’annonce du CEP, constitue un nouveau revers pour les autorités de Port-au-Prince.

C’est la première fois qu’au plus haut niveau du gouvernement américain un responsable dit s’opposer au référendum. Il faut dire que les USA comme tous les membres du Core Group ont utilisé tous les mots de la diplomatie pour décourager le projet de nouvelle constitution.

Haïti, pays libre et indépendant et ses dirigeants, sans tenir compte d’une lecture lucide de la situation politique, sociale, économique, sanitaire et sécuritaire du pays, ont depuis le lancement du projet décidé d’aller de l’avant quoi qu'il en coûte.

Avec des institutions de plus en plus faibles, avec une légitimité qui fond comme neige au soleil, changer le socle légal du pays a pu apparaître aux responsables actuels comme une belle option mais tout semble indiquer que cela ne constitue pas la bonne option.

Si le projet de nouvelle constitution est totalement désavoué par les États-Unis, les élections à venir sont pour la première fois en danger. L’administration Moïse risque de perdre sa dernière raison d’être s'il s'évidente qu’elle ne pourra pas garantir des élections crédibles, libres, démocratiques et inclusives.

Comme cela a déjà été écrit en éditorial dans ce journal, les amis d’Haïti se sont évertués ces derniers mois à encourager le gouvernement à relever des défis qui étaient au-delà de ses capacités. L’heure de vérité approche. Moïse va-t-il réussir à se ressaisir et à opérer un miracle ou va-t-il se faire signifier qu’il a échoué à mener le pays à bon port en dépit du fait qu’il cumule tous les pouvoirs et tous les moyens depuis janvier 2020?

Que s’est-il passé le 7 juin ? Le CEP a pris une décision autonome ou une décision fortement encouragée pour renvoyer sine die le référendum?



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