Affrontements armés à Martissant

Pénurie d'oxygène dans les hôpitaux à Carrefour

Plus d'une semaine après le début du conflit armé à Martissant, les autorités policières n'arrivent toujours pas à reprendre le contrôle de cet important axe routier de la nationale numéro 2. Fréquenter cette route demeure une aventure à haut risque et les bandits armés y opèrent en toute quiétude. L'une des conséquences de cette situation, les hôpitaux de la commune de Carrefour sont en rupture de stock d'oxygène...

Publié le 2021-06-09 | lenouvelliste.com

Les malades de Covid-19 ou tout autre malade nécessitant une prise en charge en oxygène sont actuellement en difficulté dans les centres hospitaliers à Carrefour. « On n'est malheureusement plus en mesure d'admettre des malades en détresse respiratoire. Non seulement les personnes infectées par le coronavirus, mais aussi tout autre cas nécessitant une prise en charge en oxygène», a confié au Nouvelliste un des responsables des principaux hôpitaux de cette commune.

« Les hôpitaux de Carrefour sont alimentés en oxygène ou en tout autre matériel médical par des entreprises qui se trouvent à Port-au-Prince et dans d'autres communes. À cause de la  situation de guerre qui existe actuellement à Martissant, impossible d'aller remplir nos bonbonnes d'oxygène ou de recevoir le matériel médical nécessaire au bon fonctionnement des institutions sanitaires », se plaint ce directeur médical d'un des plus importants centres hospitaliers de Carrefour. Ce dernier souligne que tous les hôpitaux de la zone font face à cette même difficulté.

L'agent intérimaire de Carrefour se dit conscient de la situation. Jude Édouard Pierre tente de trouver des voies alternatives pour alimenter les hôpitaux en oxygène. M. Pierre souligne que pour le moment, sa municipalité s'alimente en oxygène à partir de la ville des Cayes. « La ville des Cayes est un peu trop éloignée de Carrefour. Avec les gardes-côtes, c'est plus pratique. Mais arrivé à l'APN, on a encore des difficultés », a-t-il fait remarquer, promettant de trouver rapidement une solution à cette situation.

En raison des affrontements armés qui se poursuivent à Martissant, les prix de certains produits de première nécessité en provenance de Port-au-Prince commencent à grimper à Carrefour alors que d'autres sont en rupture de stock. Les « Madan Sara » du grand Sud qui généralement alimentent la capitale en produits locaux, sont en grande difficulté pour écouler leurs produits.



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