Le prix de l’irresponsabilité, une peinture de la société haïtienne

Après le succès du premier tome, Montima Murat présente un deuxième tome de « Le Prix de l’irresponsabilité ». Paru chez Kopivit-Action sociale, dans ce recueil de nouvelles, comme le dit Vénel Bozile, le préfaceur de l’ouvrage, a peint d’une manière conscientisante et dans le souci de raviver ce qui nous reste encore de morale, la situation dans laquelle se trouve la société haïtienne. Ce recueil qui se veut une sorte de réalisme merveilleux sera présent dans cette édition virtuelle de livre en folie qui se tient jusqu’au 13 juin 2021.

Publié le 2021-06-07 | lenouvelliste.com

Dans ce recueil de 84 pages, plusieurs sujets sont abordés. Mon pays va mal, Un accident périlleux, Tant pis pour le destin. Les dépanneuses sexuelles et L’homme qui n’est pas fier de son pénis figurent parmi les sujets traités. Avec une écriture facile et entrainante,  ce texte est la preuve vivante que l’on vit dans un pays où les vraies valeurs se perdent dans l’immoralité comme les fleuves dans la mer.

L’auteur n'y va pas par quatre chemins. Il n’a utilisé non plus des métaphores pour parler de ce qu’il appelle le crétinisme qui détrône la compétence et le cynisme qui tient le conformisme en état. Le Bon sens et la dextérité sont, écrit l’auteur, mis en veilleuse depuis un bail dans les actes d’orientation de cette nation ô  combien héroïque qui a changé la face du monde le 18 novembre 1803.    

Ce texte est un mélange de réalisme et du surréalisme. Il  est l’expression du patriotisme de l’auteur, de sa sensibilité et de sa volonté de contribuer pour qu’enfin quelque chose change dans la réalité sociopolitique du pays. C’est aussi, de l’avis de M. Bozile qui a eu le privilège d’être parmi les premiers à lire ce manuscrit et qui a côtoyé l’auteur, un récit de vie personnel, un recueil d’opinions  divers sur nos mœurs et une vue panoramique de la zone natale du natif de Ganthier et l’auteur de « Le Pays va mal ».

Ainsi, en plus de la situation politique et des crises sociopolitiques de l’automne 2019 où tout le pays était complètement paralysé avec des mouvements de rue réclamant à tue-tête le départ du chef de l’État, des sujets mettant l’emphase sur l’injustice sociale qui caractérise la société haïtienne y sont également abordés. Dans Tant pis pour le destin, l’auteur brosse le tableau de sept jeunes qui luttaient pour se faire un nom dignement dans le pays. Malgré les efforts consentis, certains d’entre eux étaient obligés de plier bagage et de quitter le pays en quête d’une vie meilleure.

Ce texte nous montre encore une fois que l’égalité des chances n’existe pas dans le pays. La réussite n’est pas tributaire des efforts consentis ni de la solide formation reçue. Le clientélisme politique surpasse toute forme de compétence. Ce qui pousse nos jeunes pourtant, pour la plupart bien formés, à quitter le pays pour ne plus y revenir jusqu’à faire du pays, un des états avec le haut taux de fuite de cerveaux dans le monde.



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