Référendum : le gouvernement garde le cap, des leaders de l’opposition appellent la population à se révolter 

Publié le 2021-05-26 | lenouvelliste.com

Pour faire dérailler le référendum visant à changer la Constitution de 1987 et le «système », le leader de Pitit Dessalines, Jean-Charles Moïse, a, sans langue de bois, appelé la population à « incendier » le matériel électoral, en conférence de presse, mardi 25 mai 2021.

« Il faut incendier le matériel du référendum, pas les bâtiments des lycées ni des collèges qui sont utiles à la population », a précisé Jean-Charles Moïse, qui a dégainé une menace contre tout particulier qui louerait une maison à Jovenel Moïse pour servir de bureau de vote.  « Il faut le mettre dans le même panier que Jovenel Moïse », a poursuivi Moïse Jean Charles, soulignant que ce référendum viole l’article 284-3 de la Constitution de 1987.

Le leader de Pitit Dessalines, une nouvelle fois, a tancé l’ONU, accusée de s’adonner à un jeu de coquin. L’ONU, via l’UNOPS, commande des équipements pour le référendum avec les 20 millions de dollars de l’Etat haïtien et critique le référendum, a pesté Jean-Charles Moïse, estimant que les Nations unies jouent à un jeu macabre aux dépens du peuple haïtien.

« Nous ne pouvons pas observer cela avec passivité », a-t-il poursuivi, appelant le peuple à agir pour chavirer le « système » qui l’oppresse et le pille.

Le président du Sénat, Joseph Lambert, en interview avec le journaliste Thériel Thélus, a menacé de détruire les bureaux du référendum dans le département du Sud-Est. « Il ne peut pas y avoir de référendum dans le Sud-Est. Je voudrais bien voir un bureau du référendum dans le Sud-Est. Si on en place?», a demandé le journaliste. « Je le briserai », a affirmé fermement le sénateur Joseph Lambert.

« Lorsqu’un gouvernement illégal pose un acte fondamentalement illégal, il faut entrer en rébellion et lutter contre lui. Il faut maintenant que Jovenel fasse arrêter le sénateur », a-t-il lâché avant de renouveler son appel à la rébellion.

« J’appelle le peuple à la rébellion, à la révolte », a fait savoir Joseph Lambert. « Je dis au peuple haïtien de faire preuve de témérité. Jovenel Moïse pense qu’il est téméraire. Il faut lui montrer que nous sommes tout aussi téméraires. Je vais lui montrer que je suis téméraire dans la région que je contrôle », a prévenu Joseph Lambert.

L’ex-sénateur de l’Ouest, leader de Lòd, Me Jean Renel Sénatus, a invité le peuple à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour faire échec au référendum qui risque de plonger le pays dans le gouffre de l’instabilité pour les 50 prochaines années. « Thomas Sankara a dit : ''Les peuples conscients défendent eux-mêmes leur patrie», a indiqué Jean Renel Sénatus, exprimant sa méfiance vis-à-vis de la communauté internationale, quasi unanime à indexer un processus souffrant d’un déficit de transparence et d’inclusion. 

L'ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, après un entretien le week-end écoulé avec le président Jovenel Moïse, en marge de l’installation du nouveau président équatorien, « a noté qu'à ce jour, les préparatifs du référendum constitutionnel prévu le 27 juin n'ont pas été suffisamment transparents ou inclusifs, et a réitéré qu'Haïti doit organiser des élections législatives et présidentielle libres, justes et transparentes en 2021 », a fait savoir la porte-parole de l'ONU Olivia Dalton, citée dans un communiqué partagé par l’ambassade des États-Unis en Haïti le 24 mai 2021.

Alors que les discours virulents de certains leaders  politiques sont accompagnés d'appels sans équivoque à recourir à la force, le gouvernement, via le ministre chargé des Questions électorales, Mathias Pierre, a indiqué lundi sur son compte Twitter avoir organisé un atelier avec 150 partis politiques et plus de 300 leaders « pour réfléchir et faire des propositions sur le référendum et les prochaines élections ».

Roberson Alphonse



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