Coronavirus/Santé publique

Covid-19 : hospitalisations et décès augmentent

Publié le 2021-05-13 | lenouvelliste.com

L’hôpital Saint-Luc, situé dans la commune de Tabarre, a enregistré ces quatre derniers mois une augmentation de 100% de cas de personnes infectées par le coronavirus, comparée au dernier trimestre de 2020. Ce centre hospitalier est passé en quelques mois de 15 à 30 patients hospitalisés atteints de Covid-19. Une situation qui a des répercussions considérables sur le coût de fonctionnement de ce centre hospitalier, notamment de l'oxygène.

« Il y a environ une semaine on a constaté une affluence assez remarquable de personnes testées positives au coronavirus », a fait savoir, jeudi, au Nouvelliste le Dr Marc Edson Augustin, responsable de l’hôpital Saint-Luc. Il a souligné que pour les trois derniers mois de l’année dernière, l’hôpital Saint-Luc avait admis en moyenne une quinzaine de personnes infectées par le virus. « Depuis le mois de janvier jusqu’à avril, nous avons déjà reçu 120 personnes testées positives au coronavirus, ce qui donne une moyenne de 30 malades par mois. Une augmentation de 100% », a-t-il déduit.

Cependant, le directeur de l’hôpital Saint-Luc a souligné qu’il ne peut pas étendre ces chiffres au niveau national, puisque l’hôpital Saint-Luc est l’un des rares centres hospitaliers à Port-au-Prince qui reçoivent encore des cas de Covid-19. 30 à 40 % des malades sont référés à l’hôpital Saint-Luc par d’autres hôpitaux de la place, a précisé le Dr Augustin.

« Cette augmentation de 100% des cas de Covid-19 met à mal nos ressources à l’hôpital Saint-Luc. Nous recevons des cas confirmés positifs et des cas suspects. On est passé de 24 à 50. La particularité de ces malades, c’est qu’ils consomment beaucoup d’oxygène. Chaque malade de Covid-19 consomme quatre bombonnes d’oxygène en 24 heures », a révélé au Nouvelliste le Dr Marc Edson Augustin.

À cause des affrontements mercredi entre des gangs armés à Cité Soleil, l’hôpital Saint-Luc a connu un moment de grande inquiétude puisque le fournisseur de l’hôpital avait du mal à aller remplir les bombonnes dans son site qui se trouve dans cette zone contrôlée par des groupes armés. « Mercredi, il ne nous restait que 25 bombonnes d’oxygène, 120 étaient coincées à Cité Soleil », a indiqué le Dr Augustin.

Une accalmie le jeudi 13 mai a permis de récupérer à Cité Soleil les 120 bombonnes d’oxygène, mais l’hôpital Saint-Luc est toujours sur le qui-vive et craint encore une augmentation des cas de Covid-19. Avec 50 patients hospitalisés, ce centre hospitalier a un besoin de 200 bombonnes d’oxygène par jour.

Cette augmentation des cas de coronavirus a logiquement des répercussions sur le coût de fonctionnement de l’hôpital Saint-Luc, a souligné Dr Augustin. Pour le moment, a-t-il confié, l’hôpital a des besoins en matériel du genre couvertures, matelas, médicaments, chlores, manomètre pour oxygène, entre autres.

Pour faire face à cette situation, l’hôpital Saint-Luc n’écarte pas la possibilité de faire payer des frais aux patients.

Le Dr Augustin a souligné par ailleurs que comparativement à l’année dernière où la plupart des gens infectés revenaient de l’étranger, les patients actuels sont plutôt de diverses catégories.

L’hôpital de Mirebalais commence à sentir la pression de l’augmentation des cas de Covid-19

Cette recrudescence des cas de Covid-19 dans le pays a occasionné aussi une affluence vers l’hôpital universitaire de Mirebalais, a confié jeudi au Nouvelliste le Dr Ternier Ralph, l’un des responsables de l’hôpital et coordinateur de Covid-19 pour Zanmi Lasante.

Le Dr Ternier a souligné que les patients testés positifs au coronavirus sont passés de deux ou trois à 10 malades en salle actuellement. Toutefois ce dernier a affrmé que l’hôpital universitaire de Mirebalais n’a pas d’inquiétude pour la production d’oxygène puisqu'il dispose de son propre centre de production d’oxygène.

Le MSPP peut aider au remplissage des bombonnes d’oxygène

Contacté jeudi par Le Nouvelliste sur les besoins de l’hôpital Saint-Luc pour faire face à l’augmentation des cas de coronavirus, le directeur général du ministère de la Santé publique a fait savoir au journal que « le MSPP peut aider, par exemple, au remplissage de leurs bonbonnes vides selon la capacité de production de nos générateurs d’oxygène. Cependant nos générateurs sont installés dans les départements plutôt éloignés comme le Nord, Nord-Ouest, Nord-Est, le Sud-Est, la Grande-Anse et l’Artibonite ».

« Dans l’Ouest, notre capacité de production est limitée », a indiqué le Dr Lauré Adrien. « On produit à Delmas 2 (mais on en consomme aussi) et Delmas 2 produit aussi pour l’HUEH de nos jours », a-t-il précisé.

Le directeur général du MSPP a souligné qu’un générateur d’oxygène flambant neuf a été installé récemment à Delmas 2 pour le rendre autonome en oxygène. À Delmas 2 on peut produire 40 bonbonnes par jour, mais en termes de consommation cela dépend du taux d’occupation, a-t-il fait savoir au journal.

Le pays, qui pense avoir échappé à la fureur de la Covid-19, connait ces derniers une augmentation assez significative des cas de Covid-19. Rien que ce mois de mai, le pays a déjà enregistré environ 142 cas de contamination et huit décès dus au coronavirus, selon des chiffres fournis par le MSPP. Cependant le gouvernement n'a pas encore changé de stratégie de communication.

« Selon les données disponibles pour ce début du mois de mai, le MSPP constate une augmentation considérable du nombre de cas suspects, de cas positifs et de patients hospitalisés… », lit-on dans un communiqué du MSPP publié le jeudi 13 mai 2021.



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