Affrontements armés, morts et blessés à Cité Soleil

Publié le 2021-05-12 | lenouvelliste.com

Les groupes armés refont parler la poudre à Cité Soleil depuis quelques semaines. Le plus grand bidonville du pays est le théâtre d’affrontements sanglants entre bandes rivales. Des tirs sporadiques, des rafales d’armes automatiques sont entendus nuit et jour. Des résidents affirment qu'ils vivent un véritable cauchemar. 

Selon Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH, les affrontements ont débuté le 26 avril dernier. « Les chefs de gangs Mathias, de Boston, et Iscar, de Bélékou, affrontent le chef de gang Gabriel de Brooklyn. Les deux premiers font partie de la coalition G9. Au moins 40 personnes sont déjà décédées. On dénombre également une quinzaine de blessés et une dizaine de maisons détruites », a révélé l’activiste. 

Pierre Espérance a indiqué également que Jimmy Chérisier, chef de file de la coalition G9, participait également aux affrontements. « Les 11 et 12 mai, Jimmy Chérisier, alias Barbecue, et ses troupes ont apporté du renfort à Mathias et Iscar. Des témoins ont rapporté avoir remarqué sa présence », explique-t-il. 

Le journaliste Yandy Frantz Fidèle échappe de justesse à une attaque armée 

La situation était particulièrement chaotique ce mercredi pour les usagers de la route. Il était impossible de rejoindre la nationale numéro 1 via les secteurs de Duvivier, Drouillard ou la route neuve. Le journaliste Yandy Frantz Fidèle a révélé, sur les ondes de Radio Ibo, qu’il a échappé de peu à une attaque armée. « Je me dirigeais vers Carrefour Drouillard. Il y avait un camion entrecroisé sur la route. Par prudence, j’ai roulé lentement. En avançant, j’ai aperçu quelques silhouettes. Brusquement, j’ai vu un homme armé d'un fusil. D'un signe de la main il m'a demandé d’avancer. J’ai fait un signe de la main pour lui indiquer que j'allais faire demi-tour. Il a ouvert le feu. Une balle a atteint le pare-brise avant du véhicule. Cela ne m’a pas empêché de continuer de tourner et de laisser l’endroit en accélérant. On a failli me tuer. J’étais à une cinquantaine de mètres des messieurs. Cela peut expliquer que je n’ai pas été touché par les balles. Je ne dirais pas plus », a rapporté le journaliste de Radio Ibo, encore sous le choc. 



Réagir à cet article