« Lakou Bagèt », la danse en partage

Le jeudi 29 avril dernier ramenait la Journée internationale de la danse. Pour rehausser l’éclat de cette journée, le centre de danse « Bagèt sant dans Ayiti » a lancé, le 28 avril, le projet « Lakou Bagèt ». Cet événement s’étendant sur 5 jours entendait réunir plusieurs structures de danse dans un même espace afin de partager un ensemble de connaissances et de traditions. Au menu : entre autres, conférences, ateliers de danses, performances artistiques et témoignages.

Publié le 2021-05-07 | lenouvelliste.com

« Lakou Bagèt » s’inspire de « Lakou » comme on l’entend dans la culture haïtienne: le vivre-ensemble. Un espace de rencontre entre ceux et celles qui ont en commun un ensemble de cultures, de moeurs, coutumes et de tradition. Une certaine manière d’être. Lakou Bagèt a réuni plusieurs jeunes danseurs dans différents espaces de la ville. Des lakou. Pendant quelques jours, des gens se sont rencontrés, ont suivi des séances de formation et de partage autour de la danse. Les activités bourdonnaient dans plusieurs lakou.

En levée de rideau, les responsables ont donné un point de presse pour lancer l’événement et expliqué le bien-fondé de leur démarche. Deux ateliers ont suivi le lancement. Dans son intervention portant sur les danses traditionnelles haïtiennes, la directrice du projet, Ginite Popote, a initié les jeunes danseurs à un ensemble d’exercices corporels. La danseuse en a profité pour leur présenter le yanvalou, une danse rituelle pratiquée pendant une cérémonie de rite rada.

Les danseurs y ont pris vivement goût. Les autres journées ont été tout aussi très animées. Linda Isabelle Francois a, pour sa part, introduit la danse afro-contemporaine qui représente une mixture de danses africaines et d’autres styles classiques. Une conférence a été également animée, présentée par Rockfeller Pierre, le directeur de l’académie de danse Tempo Plus. Cette rencontre tenue autour de « Danse et métier » a été une manière de motiver ces danseurs, danseuses qui ont appris à apprivoiser leur corps autrement.

Une palette de danseurs venus de differentes écoles ont profité pleinement de l'evenement. Certains étaient de l'École nationale des arts (Enarts), d’autres de Tempo plus. Quelques-uns étaient d’Xpression de Linda François. Ces jeunes qui ont le sens du rythme ont suivi avec joie ces séances de formation. Ils ont répondu à la conférence et appris un ensemble de connaissances et de savoir-faire. Entre autres, l’Enarts, Eclosion et Bagèt Sant dans Ayiti ont accueilli l'ensemble des activites. Les responsables n'ont pas caché leur satisfaction.

" Je suis très heureuse de voir réussir l'événement. On a fait face à un certain nombre d'obstacles, on a du reporter quelques activités. mais, dans l'ensemble, Lakou Baget a été une réussite. Les jeunes ont besoin de ces espaces de partage et de fraternité. Ils ont besoin de danser, de se positionner et de faire entendre leur voix. Les danseurs doivent s'exprimer et exprimer leur droit à la vie", a déclaré la directrice du projet, Ginite Popote.

Un bon moment de partage autour de la célébration de la danse. En dépit de la situation sociopolitique actuelle, cette activité a été, à bien des égards, une réussite. Ils étaient nombreux, danseurs, danseuses et amants de la danse, à prendre part à ce projet. Ils étaient aussi nombreux à braver cette capitale déserte en plein jour, en proie à l’insécurité grandissante. Ils étaient enfin nombreux à croire que la danse est une façon pour eux de respirer un peu, de fêter et de résister, de se définir et de donner du sens à la vie.



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