Lancement des concertations sur les systèmes alimentaires en Haïti

En prélude au Sommet mondial sur les systèmes alimentaires prévu le mois de septembre 2021, l’État haïtien, à travers la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), organe du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), a lancé à l'hôtel Kabibe le 4 mai 2021 les concertations sur le système alimentaire dans le pays.  Ces concertations offrent, entre autres, au pays, de l’avis du chef de cabinet du ministère de l’Agriculture, Pierre Karly Jeune, l’occasion de créer une mobilisation nationale autour de la question alimentaire qui revêt une importance stratégique pour le gouvernement.

Publié le 2021-05-05 | lenouvelliste.com

Ils étaient nombreux les acteurs étatiques, organisations internationales impliquées dans la problématique de la sécurité alimentaire, organisations de la société civile et membres de l’équipe technico-scientifique de soutien aux concertations à prendre part à la cérémonie de lancement des concertations autour du système alimentaire du pays. Les acteurs concernés par ces échanges sont donc appelés à se joindre à la CNSA en vue d’arriver une transformation significative et conséquente des systèmes alimentaires nationaux en explorant les idées et les opportunités provenant des différentes sources.

La cérémonie de lancement était l’occasion pour les responsables de présenter le sommet au grand public. Ces derniers ont dévoilé les démarches et les stratégies à adopter pour la tenue des concertations au départemental et national. Il sera, entre autres, question d’examiner les objectifs des systèmes alimentaires actuels et étudier leur fonctionnement ; de s’accorder sur les attentes des systèmes pour les trois prochaines années, d’identifier les changements au cours des dix prochaines années et d’étudier comment les parties prenantes peuvent collaborer à des actions collectives, constituer des partenariats solides, créer des interventions qui se renforcent mutuellement et promouvoir un cycle de concertations qui façonnent les voies vers les systèmes alimentaires durables, d’apprentissage et de partage continus.

Ce sont toutes les forces vives du pays qui sont invitées à y prendre part. De l’avis du coordonnateur de la CNSA, Harmel Cazeau, les systèmes alimentaires concernent l’ensemble des activités et des acteurs impliqués dans la production, la transformation, la commercialisation, le transport et la consommation des produits alimentaires. Ce qui sous-tend tous les aspects de l’existence. Lorsque les systèmes alimentaires  fonctionnent correctement, précise le responsable, ces derniers ont le pouvoir de rassembler les gens dans les familles, dans les communautés et dans le concert des nations.

Toutefois la situation, à ce niveau, n’est pas toujours réjouissante. Les maladies liées à l’alimentation affectent de plus en plus de personnes, la pauvreté alimentaire et de la dénutrition sont en augmentation, ces systèmes tels qu’ils sont ont des impacts sur le climat, menacent la nature, donc de très lourdes conséquences.

Ce tableau traduit parfaitement la situation du pays. le chef de cabinet du ministre de l’Agriculture, Pierre Karly Jeune, a mis l’accent sur le secteur agricole qui a du mal à remplir ses missions de nourrir la population, d’augmenter le revenu des ménages agricoles, de créer de la richesse dans l’économie nationale, de promouvoir le développement des exportations et de protéger les ressources nationales et dont les principales causes sous-jacentes  relèvent des variables conjoncturelles et structurelles.

Il parle entre autres du dérèglement climatique, de la variation continue du taux de change, du taux d’inflation et des troubles sociopolitiques. Des causes qui, explique-t-il, engendrent un déficit alimentaire de telle sorte que 50% de la consommation locale est couverte par l’importation. Cette situation, poursuit le directeur de cabinet, provoque également un déficit de la balance commerciale non compensé par un excédent dans la balance des services, influe négativement sur la balance des paiements et contribue à la perte nette des réserves des changes.

Dans une telle conjoncture, le technicien dit entrevoir dans les concertations une opportunité d’avoir une vision partagée sur les trois enjeux devant contribuer à un décollage économique du pays. En tout premier lieu, il a mis l’emphase sur un enjeu nutritionnel dans le sens d’éradiquer la faim et de garantir la sécurité alimentaire de manière durable. Il a également mis l’accent sur un enjeu socioéconomique dans l’optique de stimuler une croissance inclusive à travers la transformation structurelle des chaînes d’approvisionnement avant d’insister sur la nécessité de promouvoir des comportements responsables dans la transformation des systèmes alimentaires.

De son côté, le secrétaire général de la Primature, Jude Charles Faustin, a informé que le gouvernement a déjà adopté un document de politique de stratégie nationale de souveraineté, de sécurité alimentaire et nutritionnelle. En tant que cadre de référence, le représentant du Premier ministre à cette activité a expliqué que le document comprenait pas moins de trente-cinq mesures et une trentaine de programmes dont la mise en œuvre dépend de onze ministères et de douze organismes constituant ainsi une précondition à l’atteinte des objectifs du Plan stratégique de développement d’Haïti (PSDH) et les Objectifs de développement durables (ODD).

M. Faustin croit que le document adopté en décembre 2020 est de nature à servir, entre autres, de base pour des réflexions et des actions à proposer. Les concertations sur les systèmes alimentaires, poursuit-il, vont compléter et approfondir les actions et engagements proposés tout en prenant soin d’ouvrir le cadre sur d’autres secteurs non spécifiquement liés aux systèmes alimentaires mais qui peuvent contribuer à leur amélioration sur une base durable.



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