La solution à l’insécurité doit être nationale, préconise Claude Joseph

Publié le 2021-05-04 | lenouvelliste.com

Le Premier ministre par intérim, Claude Joseph, a donné sa première conférence de presse ce mardi 4 mai en sa résidence officielle. À cette occasion, le chef du gouvernement a été interrogé sur les récentes déclarations du président du Sénat Joseph Lambert. Ce dernier, de passage à Jacmel, a suggéré une assistance logistique et opérationnelle armée de la communauté internationale pour déloger les bandits. De l’avis du chef du gouvernement, il revient d’abord aux Haïtiens d’intervenir. « Le problème de l’insécurité est national. Par conséquent, la solution doit être nationale. C’est pour cela que la PNH est déterminée à combattre l’insécurité sous toutes ses formes », a fait savoir Claude Joseph.

En revanche, le PM a.i. n’a pas écarté une éventuelle coopération avec les pays amis. « Nous avons certainement besoin de leur aide. Haïti ne fabrique pas d’armes ni de munitions. Il y a des gens qui alimentent les bandits. De ce fait, nous demandons l’appui de ces pays en amont. Nous avons besoin qu’ils exercent plus de contrôle à leurs frontières, dans les ports et les aéroports. Ce qui permettra de limiter l’acquisition de matériel destiné aux bandits », a-t-il poursuivi.

Au cours de cette conférence de presse, le PM a.i. a rappelé la détermination de son gouvernement et la PNH pour résoudre le phénomène de l’insécurité. « Le président Jovenel Moïse m’a désigné Premier ministre par intérim avec une mission bien précise : rétablir la sécurité. Depuis ma nomination, j’ai organisé quatre réunions du CSPN. Il fallait faire un état des lieux avant de prendre des décisions et agir efficacement. Nous avons consenti des efforts et pris diverses dispositions. J’ai déjà visité plusieurs commissariats et des bases des unités spécialisées de la PNH afin de remonter le moral des troupes, en berne depuis l’échec de l’opération du 12 mars. Nous avons placé des containers pour limiter les activités des gangs de Martissant. Nous travaillons afin d’augmenter le budget de la police. Du nouveau matériel et des équipements ont été commandés. Nous sommes en train de réactiver le service d’intelligence au niveau de la PNH et du ministère de l’Intérieur », a-t-il fait savoir.

Le chef du gouvernement a indiqué que la PNH travaille afin d’apporter des réponses sur la dimension criminelle et politique du kidnapping. « La PNH est vigilante et des réponses seront apportées. On observe certes des insatisfactions mais l’institution policière ne reste pas les bras croisés. Il faut une synergie entre la PNH et la population pour agir sur la dimension criminelle des cas de kidnapping. Il y a eu aussi des stratégies que nous sommes en train de mettre en œuvre qu’on ne peut pas dévoiler. Par ailleurs, il faut souligner la dimension politique de l’insécurité. Il y a une multiplication des cas de kidnapping avant la date du 7 février 2021. C’est une stratégie utilisée par certains qui veulent accéder au pouvoir via une transition et non à travers les élections. Les kidnappings sont pensés politiquement quelque part. Tout le monde est au courant de cette dimension politique mais peu arrive à la documenter. Au niveau du CSPN, nous disposons de beaucoup de renseignements. Nous allons mettre ces éminences grises, qui utilisent le kidnapping comme une arme politique, hors d’état de nuire », a-t-il averti. 

Pour sa part, le directeur général de la PNH, Léon Charles, dit reconnaître une recrudescence des cas d’enlèvement dans le pays. En conséquence, il a assuré que la police est mobilisée afin de prendre toutes les dispositions pour les réduire ou encore les éliminer définitivement. « Pour faire face à ce problème, on est en train d’agir sur 3 niveaux: la prévention, le renforcement des capacités opérationnelles et la répression. Dans le cadre de la prévention, nous avons augmenté la présence policière à travers les patrouilles mobiles et les points fixes dans des zones où les enlèvements sont fréquents. Pour nos capacités opérationnelles, nous avons fait des demandes et le gouvernement a répondu favorablement pour doter l’institution d'engins lourds et d’autres appareils de haute technologie pour mieux préparer nos opérations. En matière de répression, nous avons mené des opérations ciblées à partir de renseignements , qui ne sont peut-être pas communiquées, permettant de libérer des otages, faire des filatures sur des bandits, etc. », a soutenu le commandant en chef de la PNH.



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