Réforme constitutionnelle

Jovenel Moïse confirme la tenue du référendum

Publié le 2021-05-03 | lenouvelliste.com

Alors que plusieurs de ses proches, des organisations de la société civile haïtienne, des organisations politiques de l’opposition, des partis politiques proches du pouvoir et des partenaires de la communauté internationale prennent leurs distances par rapport au référendum, le président Jovenel Moïse n’en démord pas. Lors de l’inauguration du barrage Marion le 1er mai dernier, le locataire du Palais national a affirmé que  le rendez-vous est fixé au 27 juin pour le référendum afin, a-t-il soutenu, de doter le pays d’une autre Constitution.

Jovenel Moïse semble déterminé à organiser le référendum le 27 juin prochain alors que jusqu’à présent le projet de la nouvelle Constitution est inconnu du grand public. Aujourd’hui encore, ni le Conseil électoral provisoire ni le Comité consultatif qui travaillent sur le projet de la loi mère ne sont encore en mesure de dire quel sera le libellé de la question à laquelle les citoyens auront à répondre par OUI ou par NON lors du référendum.

Pour le président, quelqu’un qui est contre le référendum doit aller voter pour dire non, mais ne devrait pas le critiquer dans les médias.

Le locataire du Palais national a affirmé qu’il quitterait le pouvoir sous l’égide de la Constitution de 1987 qui, a-t-il souligné, n’accepte pas deux mandats consécutifs. « Je pouvais décider de dire à la population que je veux bénéficier des prescrits de la nouvelle Constitution pour être candidat à nouveau. Mais je dis non. Je respecte la loi et la Constitution de 1987 », s'est enorgueilli Jovenel Moïse.

Cependant, il a appelé la population à aller voter au référendum du 27 juin prochain pour doter le pays d’une autre Constitution. Encore une fois, Jovenel Moïse qui, à plusieurs reprises, a indiqué qu’il était respectueux de la Constitution de 1987 fait savoir que ce document « est un pacte de corruption… »

Le président, dont le mandat est arrivé à terme depuis le 7 février 2021 selon plusieurs organisations de la société, le pouvoir judiciaire et l’opposition, déclare avoir mis  plus de 100 millions de gourdes dans le budget au profit du Parlement pour amender la Constitution. « L’argent a été dépensé, mais rien n’a été fait ! Jodi a mwen pran desizyon kòb ap depanse pou l fèt ! », a-t-il fulminé.

Quelques jours avant ces déclarations, le Premier ministre par intérim de Jovenel Moïse Claude Joseph avait écrit au secrétaire général de l’OEA pour solliciter l’envoi au pays d’une mission « en appui au dialogue en cours avec tous les acteurs de la vie nationale en vue de la conclusion d'un accord politique susceptible de faciliter l'organisation du référendum constitutionnel et des élections à tous les niveaux au cours de l'année 2021 suivant le calendrier établi à cette fin ».

Le Core Group, dans le sillage du BINUH, avait  exprimé sa préoccupation par rapport au projet de changement de Constitution. « Quant au changement de Constitution, le Core Group exprime sa préoccupation devant le fait que ce processus n’est pas à ce stade suffisamment inclusif, participatif ou transparent », avait indiqué ce regroupement de diplomates dans un communiqué.

Selon le Core Goup, « une telle réforme devrait se dérouler sur la base d’une large consultation qui implique l’ensemble des forces vives de la nation… »

Liné Balthazar, conseiller du président de la République et président du PHTK, le parti au pouvoir, l’ancien sénateur Gabriel Fortuné, ami personnel, supporteur et conseiller de Jovenel Moïse, l’ancien sénateur Jean-Hector Anacacis, qui avait son représentant au gouvernement de Jouthe, entre autres, ont tous pris leurs distances par rapport au référendum.

Le président du Comité consultatif indépendant (CCI), l’ancien président Boniface Alexandre avait, quant à lui, exprimé sa déception face au refus des femmes et des jeunes par rapport au projet de la Constitution.  



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