Selon Jerry Tardieu, on peut obtenir un accord sans rencontrer directement Jovenel Moïse

Publié le 2021-04-29 | lenouvelliste.com

L’ancien député de Pétion-Ville, Jerry Tardieu, s’est prononcé ce jeudi matin sur Magik9 concernant la déclaration conjointe de cinq partis politiques. En effet, ces structures ont appelé à une médiation de la communauté internationale afin d’obtenir un accord inclusif pour sortir le pays de la crise. La déclaration a été signée par cinq partis et regroupements politiques de l’opposition, à savoir En Avant, Entente nationale pour une transition de rupture (ENTENTE), Forces nationales pour la démocratie (FND), Mouvement pour la transformation et la valorisation d’Haïti (MTVAyiti) et  Operasyon Tèt Ansanm. 

De l’avis de Jerry Tardieu, cette initiative des cinq partis et regroupements politiques de l’opposition vise à définir le cadre à travers lequel sera géré l’après-Jovenel Moïse qui « continue de s’accrocher au pouvoir de fait ». « Il va falloir restaurer la démocratie, la paix et la sécurité dans un pays effondré. Aujourd’hui, le pays se trouve à un carrefour difficile. Nous faisons face à l’instabilité, l’insécurité, la fuite des cerveaux, etc. Nos institutions se sont affaiblies. En tant que leaders politiques responsables, nous avons signé une déclaration conjointe car il faut agir vite et bien », a soutenu Tardieu. 

Comme pour souligner que l’intérêt national prime sur tout, Jerry Tardieu a rappelé que les signataires de cette déclaration sont avant tout des compétiteurs politiques qui auront à s’affronter dans de bonnes élections. « Ce qui compte, c’est de nous mettre ensemble pour réfléchir sur une alternative. La seule alternative qui existe aujourd’hui, c’est de trouver un accord à travers un mécanisme diplomatique à la manière de Governors Island en 1993. Ce qui permettrait un départ organisé de Jovenel Moïse. Un départ qui ne se fera pas dans le chaos, dans le sang ou à coups de mitrailleuses », estime l'ex-parlementaire. 

Plus loin, l’ancien député de Pétion-Ville, leader du nouveau parti En Avant, a détaillé ce qui, selon lui, doit constituer cet accord politique. « Il doit y avoir le départ de Jovenel Moïse dont le mandat a expiré le 7 février 2021. Il faut un nouveau gouvernement qui inspire confiance, ayant à tête un chef du gouvernement crédible qui inspire confiance lui aussi. Il faut aller aussi vers un nouveau conseil électoral. Pour revenir à l’ordre constitutionnel, il faut organiser des élections libres, honnêtes, démocratiques et transparentes. Ces élections seront organisées dès qu’il sera techniquement possible et qu’un minimum de sécurité soit rétabli. Il faut obtenir ce strict minimum pour sortir Haïti du bourbier », soutient-il. 

L’ex-parlementaire est favorable à une médiation indirecte de la communauté internationale, une navette diplomatique, pour obtenir cet accord. « Ce ne sera pas nécessaire de rencontrer Jovenel Moïse. Il y a des précédents qui permettent de trouver des médiations à l’international quand il est impossible de rencontrer un pouvoir de facto. Cela permet de réaliser des discussions pour obtenir un accord afin de retrouver la voie constitutionnelle. C’était le cas en 1993 avec l’OEA, et l’ONU qui a servi de médiation entre un pouvoir légitimement élu et l’armée qui était au pouvoir de fait », rappelle-t-il, insistant sur le fait que la médiation doit être neutre.

Dans leur déclaration conjointe, les signataires ont dit croire « qu’il est encore possible de trouver un accord politique inclusif entre les protagonistes de la crise incluant nécessairement le départ ordonné de Mr. Jovenel Moïse dont le mandat a pris fin le 7 février 2021 (selon les articles 134-2 ,134-3 de la Constitution et l’article 239 du décret électoral du 2 mars 2015), la mise en place d’un gouvernement de consensus et l’organisation d’élections honnêtes, transparentes et crédibles dans un délais techniquement possible et un climat de sécurité rétabli ».

Jerry Tardieu souhaite que le départ de Jovenel Moïse survienne le plus tôt possible. Toutefois, il dit reconnaître qu’on ne peut pas nier la réalité politique. « Il y a un pouvoir qui détient le monopole de la violence. En face, nous imposons la Constitution, la loi, la décence et la normalité. Je ne peux préjuger d’aucune date. Pour nous, cela doit se faire le plus vite possible. En conséquence, nous invitons les autres entités politiques, la société civile, à leur emboîter le pas. La logique de l’addition politique doit prévaloir. Seul un accord politique inclusif peut favoriser un dénouement à la crise », argue Tardieu. 



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