Un audit de la Cour des comptes met à mal l’image de Michel-Ange Gédéon, l’ex-DG de la PNH

Publié le 2021-04-28 | lenouvelliste.com

La gestion financière de la PNH est-elle une source d’insécurité en Haïti ? Telle est la question à laquelle la Fondasyon Je Klere ( FJKL) a tenté de répondre dans un document de neuf pages intitulé : « Rapport Audit Financier sur la gestion de Michel-Ange Gédéon, ex-directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH) ».  Selon les explications fournies dans le document de la FJKL, l’Audit de la Cour supérieure des comptes et des contentieux administratif (CSCCA), fait suite à une demande de décharge de sa gestion en tant qu'ex-directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), M. Michel-Ange Gédéon, le novembre 2020.

Ainsi, le 27 décembre 2020, le président de la CSCCA a décidé de former une commission de vérificateurs chargée de procéder à l’audit de gestion de la PNH pour les exercices fiscaux 2015-2016 (avril 2016 à septembre 2016) et 2016-2019. Cette période couvre celle de la gestion de l’institution policière par l’ex-directeur général Michel-Ange Gédéon, période au cours de laquelle la PNH a effectué des dépenses de l’ordre de 30 milliards de gourdes. Soit près d’un demi-milliards de dollars américains pour des résultats quasiment insignifiants sur les plans sécuritaire, du renforcement de la PNH et de la gestion pénitentiaire.

Jugeant les rapports des auditeurs de la Cour peu fiables, la CSCCA a ordonné la reprise complète des rapports d’audit de la PNH pour cette période. Face à cette situation, la FJKL s’est posé la question : « La gestion financière de la PNH est-elle source d’insécurité en Haïti » ?

Forte de son engagement dans la lutte pour la gestion transparente des fonds publics, la Fondation va tenter de :

- questionner les limites des rapports d’audit rejetés par la Cour ;

- analyser les faiblesses de la CSCCA dans la lutte contre la corruption en Haïti ;

- identifier le danger pour la sécurité publique de confier la gestion financière de la PNH à son directeur général.

 Après avoir analysé les contours du travail d’audit de la CSCCA, elle est arrivée à la conclusion suivante : « La gestion financière de la Police nationale d’Haïti est source de convoitise, de tentation et de corruption. Elle génère des conflits, de l’indiscipline et de l’instabilité. Elle a donc un impact direct sur la sécurité publique ».

 Par rapport à ces constatations, et en continuant à suivre l’évolution de ce dossier au niveau de la CSCCA, la FJKL a fait les recommandations suivantes aux concernés. Il s'agit de :

Décharger le directeur général de la PNH et d’autres responsables de police du fardeau de la gestion financière. Ainsi donc, le directeur général, à l’aube de sa prise de fonction, désigne un ordonnateur délégué, de préférence le commissaire en charge de l’administration et des finances de la PNH, à qui il délègue effectivement ses attributions financières. Il s’engage formellement (auprès du MEF, de la BRH et de la CSCCA) à ne pas intervenir directement dans la gestion des finances de l’institution.

- Doter la PNH d’un manuel de procédures d’exécution des dépenses tout à fait conforme au cadre légal et règlementaire du processus budgétaire haïtien, en particulier à la loi du 4 mai 2016  sur l’élaboration et l’exécution des lois de finances, à la loi fixant les règles générales relatives aux marchés publics et aux conventions de concessions d’ouvrage de service public (et ses arrêtés d’application), ainsi qu’à l’arrêté portant règlement général de comptabilité publique. Ce manuel sera appliqué scrupuleusement.

-  Systématiser les interventions du contrôleur financier et du comptable public accrédités auprès de la PNH pour toutes les catégories de dépenses.

-  Créer (ou réformer) une unité d’audit interne fonctionnant en toute indépendance et dont le visa est incontournable pour que le directeur général engage les ressources financières de l’institution.

Cyprien L. Gary



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