La chronique d'Haïti Climat

SOS pour le Parc Macaya

Publié le 2021-04-27 | lenouvelliste.com

La Journée mondiale de la Terre a été commémorée à travers le monde le jeudi 22 avril dernier. Une journée pour penser à la terre, réfléchir sur nos rapports avec cet espace où nous vivons, se révèle une très bonne initiative. Chaque humain ou encore chaque Terrien devrait s’évertuer à rendre une telle journée mémorable, à l’instar des autres journées de commémoration qui rapportent gros sur le plan économique.

En Haïti, cette commémoration devait être encore plus marquée vu notre rapport problématique avec cet espace physique où nous vivons. Nous avons un besoin urgent de réfléchir, de débattre et de redéfinir la façon dont nous devons continuer à habiter notre coin de terre. Nous sommes un petit pays en termes de superficie situé dans une zone en mouvement. Ce qui explique que nous sommes régulièrement frappés par des cyclones, tempêtes, ouragans, la sécheresse…Nous payons chaque année un lourd tribut pour ces phénomènes. Nous figurons aujourd’hui en tête de liste des pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles.

Les bilans des catastrophes – cyclones, ouragans, séismes, sécheresse – ayant frappé le pays au cours des trois dernières décennies prouvent que nous méritons bien d’être en haut dans ce classement. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), entre 1990 et 2016, Haïti a été le pays le plus touché des Caraïbes par les catastrophes naturelles – 3 sécheresses, 1 épidémie, 22 inondations, 23 tempêtes et ouragans – subissant ainsi sur la même période 53 milliards de dollars de dommages qui représentent 39% des dommages enregistrés par l'ensemble de la région.

Cette grande vulnérabilité aux catastrophes est le résultat de notre incapacité à développer une agriculture protectrice de l’environnement, à mettre en place des politiques publiques en matière d’urbanisation, à protéger nos forêts, nos sources, nos rivières et nos côtes. Vu la dégradation accélérée de notre environnement, chaque jour devrait être consacré à la terre. Malheureusement, les problèmes liés à notre survie tels l’insécurité, l’insécurité alimentaire, la précarité des logements, le chômage relèguent la protection de l’environnement au second plan. A cela, il faut ajouter le coronavirus qui bouleverse nos modes de vie depuis plus d’un an. Dans un tel contexte, la 51e édition de la Journée mondiale de la Terre est passée quasiment inaperçue.

La plateforme multimédia Haïti Climat, consciente de l’importance d’une telle journée, l’a célébrée à sa manière suivant ses moyens. En effet, dans le cadre de la Journée mondiale de la Terre, le jeudi 22 avril 2021, l’émission Haïti Climat a reçu le directeur exécutif de la Fondation Macaya, Bruno Mentor, autour de la mauvaise gestion du Parc Macaya qui constitue l’un des plus importants sites naturels en termes de réserves de biodiversité du pays. Nous avons profité de cette Journée mondiale de la Terre pour poser la problématique de la gestion de cet important site naturel qui abrite notamment de nombreuses espèces d'oiseaux, dont certaines sont endémiques. L’énième appel au secours de M. Mentor visant à stopper la dégradation accélérée du Parc Macaya sera-t-il enfin audible ? Sera-t-il enfin suivi d’actions aptes à enrayer cette menace ?

L’émission du jeudi 22 avril 2021, diffusée sur les ondes de la radio Magik 9 (100.9), est disponible sur le lien : https://soundcloud.com/user-268726113/haiti-climat-22-avril-2021-invites-mentor-bruno-coordonnateur-de-la-fondation-macaya?ref=clipboard&p=i&c=1&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing

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