Une pharmacienne, un homme d’affaires et un élu local enlevés ce week-end

Publié le 2021-04-26 | lenouvelliste.com

Chaque week-end a son lot de victimes d'actes de kidnapping. Pas moins de trois personnes ont été enlevées entre les 24 et 25 avril. Elles sont toutes répertoriées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Pharmacienne et professeure à la Faculté de médecine et de pharmacie de l’UEH, Marie Josette Malvoisin, a été enlevée en revenant de dispenser son cours. L’Association des pharmaciens d’Haïti (APH), dont elle est membre, a publié une note de presse ce 26 avril, exigeant sa libération sans condition. 

« Madame Malvoisin est pharmacienne depuis plus de 30 ans. Elle ne fait que former les jeunes et servir sa communauté. Sans doute les ravisseurs eux-mêmes ou leurs proches ont-ils déjà bénéficié de sa science, son savoir ou ses services et soins pharmaceutiques », a fait remarquer l’APH qui a, au passage, interpellé les autorités à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité des vies et des biens dans le pays. 

Fathon Beaubrun, propriétaire d’une station d’essence à la rue Cameau, a été enlevée au centre-ville dimanche 25 avril. La victime est membre de l’Association nationale des propriétaires de stations service (Anapross). Contacté par le journal, le trésorier de l’association, Marc Antoine Nési, a fait part de la stupéfaction de tous les membres. « Après la famille Condestin, père et fils qu’on avait enlevés puis libérés après avoir versé des rançons, c’est à présent le tour de notre Fathon Beaubrun. Depuis hier, nous sommes tous sous le choc. Personne n’est épargné. Quel que soit le secteur qui fait partie intégrante des activités de cette vie, il est une victime de cette machine infernale d’insécurité  ou d’actes d’enlèvement », regrette-t-il. 

Marc Antoine Nési a annoncé que des initiatives seraient prises pour contraindre les autorités à assumer leurs responsabilités. « On étudie une stratégie pour forcer les autorités à assumer leurs responsabilités. Il ne suffit pas de faire de la grève pendant deux ou trois jours, comme on l’a fait plusieurs fois et poursuivre notre chemin. Il faut trouver un moyen de sensibiliser tout le monde afin que les gens puissent comprendre que cette réalité brutale doit nous interpeller tous. On ne peut pas abandonner notre collègue sans piper mot ou en signant un chèque en blanc aux bandits », estime l'entrepreneur. 

Wilken Dicette, le coordonnateur du conseil d’administration de la section communale de Deuxième-Plaine de Petit-Goâve a été enlevé le dimanche 25 avril 2021, à Delmas. La nouvelle de son enlèvement a soulevé la colère de la population de Petit-Goâve. Les habitants ont érigé des barricades sur la route nationale numéro 2. Ces barricades ont été aperçues à Deuxième-Plaine, carrefour Corail, Tapion, etc. Les protestataires ont conditionné la levée des barricades à la libération de Wilken Dicette. La circulation a été totalement paralysée dans l’après-midi de dimanche et durant toute la journée de lundi. L’Ouest a été en conséquence coupé des départements des Nippes, du Sud et de la Grand’Anse. Des centaines de passagers ont été contraints de rebrousser chemin, ou rester à Miragoâne ou encore bifurquer vers la route de Côtes-de-Fer. 



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