Kidnapping : trois religieux libérés, monseigneur Mésidor lance un cri aux autorités…

12 jours après le kidnapping de 10 personnes, dont sept religieux par le gang 400 Mawozo, on compte quatre libérations.

Publié le 2021-04-22 | lenouvelliste.com

Ce jeudi, neuf jours après la première libération d’une première victime, la mère du père Jean Arnel Joseph, trois des neuf personnes encore en captivité ont été libérées, a appris le journal Le Nouvelliste d’une source gouvernementale.

Il s’agit du père Hugues Baptiste, de Lovely Joseph et de la sœur Anne-Marie Dortellus, a expliqué notre source, soulignant que le prêtre français, la sœur française et quatre ressortissants haïtiens sont toujours séquestrés.

Plus tôt dans la journée, monseigneur Max Leroy Mésidor, archevêque de Port-au-Prince et vice-président de la Conférence épiscopale d’Haïti, avait appelé les ravisseurs à libérer leurs victimes et les autorités à se remuer, à assumer leurs responsabilités pour obtenir la libération des personnes séquestrées et pour assurer la sécurité publique.

« Faites preuve de compassion, montrez que vous avez de l’humanité parce qu’un jour, vous aurez besoin de compassion. Au nom de Dieu, notre créateur, au nom des droits de tout le monde de vivre libre, je vous demande, vous les ravisseurs, avec tout mon cœur : libérez les personnes. Ils sont fatigués. Libérez-les ! Ils n’en peuvent plus. Libérez-les parce que tout le monde est fatigué de ce que vous faites », a plaidé monseigneur Max Leroy Mésidor dans un message audio.

« Quel intérêt avez-vous dans cet acte ? Pourquoi les gardez-vous captifs depuis tout ce temps ? Qu’est-ce qu’il y a de grand dans ce que vous faites ? En quoi cela vous aidera à avancer ? », a dit l’évêque qui a souligné, à l’attention des ravisseurs : « S’il y a quelque chose qui vous fait souffrir, ces personnes ne sont pas les responsables ». Les personnes kidnappées et séquestrées servent l’Église et l’Église sert la communauté où les ravisseurs ont de la famille, a prêché monseigneur Max Leroy Mésidor.

Autorités de l’Etat, remuez-vous 

L’archevêque de Port-au-Prince a par ailleurs appelé les autorités en charge de la sécurité publique à se remuer face à une situation d’insécurité qui ne fait que s’aggraver.  « Je demande à toutes les autorités qui ont la mission d’établir la paix et les conditions pour que les personnes vivent en toute sérénité dans le pays d’agir avec dextérité et célérité pour que les séquestrés recouvrent leur liberté et que tout le monde vive bien dans le pays. C’est le devoir de l’État de garantir la libre circulation des gens dans leur pays. Il faut qu’il prenne ses responsabilités. La situation est très grave. La situation est urgente. Autorités de l'État, remuez-vous », a demandé monseigneur Max Leroy Mésidor qui a remercié les personnes de toutes confessions qui prient, les groupes de la société qui manifestent leur solidarité avec l’Église catholique.

Ce jeudi est le deuxième des trois jours de fermeture de toutes les institutions de l’Église, à l’exception des hôpitaux pour exiger la libération de toutes les personnes enlevées par le gang 400 Mawozo.

A côté des victimes du gang 400 Mawozo, les gangs font la loi. Au moins sept personnes ont été kidnappées en 24 heures, a rapporté l’édition de mercredi du journal Le Nouvelliste. Il y a, entre autres, deux employés de la Cour des comptes et un notaire, Alex Démosthène. Le Collectif des notaires d’Haïti, dans une note de presse communiquée au journal a exprimé « son indignation face à l’enlèvement suivi de séquestration du notaire Alex Démosthène, survenu dans l’après-midi du mercredi 21 avril 2021 à la sortie de son étude ». « Le notariat haïtien prend acte de ce que nos dirigeants sont inscrits aux abonnés absents, drapés d’irresponsabilités et d’inconséquences, livrant ainsi la population à elle-même et aux bandits de tout acabit », lit-on dans cette note du collectif, qui annonce la fermeture des études notariales des dix-huit juridictions de première instance du pays le vendredi 23 avril 2021 en solidarité avec le notaire Alex Démosthène.



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