La BRH fait du développement des marchés financiers un de ses chantiers

Publié le 2021-04-21 | lenouvelliste.com

Mise en place de comités de développement des marchés financiers, engagement de consultants, projet d’élargissement des bons du Trésor émis par le ministère de l’Economie et des Finances (MEF) et la Banque de la République d’Haïti (BRH), acquisition d’une plateforme de gestion des titres, projet d’un cadre réglementaire minimal pour la conduite des activités des marchés financiers, conception d’un plan directeur des marchés des capitaux sont autant d’initiatives prises par la banque centrale pour développer les marchés financiers en Haïti, a indiqué Gwendoline Déguste à la 11e édition du Sommet international de la finance, organisé en ligne par le Group Croissance, CEDEL Haïti et ProFin la semaine écoulée.  

Outre ces initiatives, la BRH a créé deux sous-comités : le premier pour le développement de marchés financiers et le second pour l’implémentation des infrastrures des marchés financiers. Deux spécialistes étrangers sont engagés par la BRH pour mettre en place cette plateforme collective qui favorisera de manière efficace et efficience la mobilisation et l’allocation des capitaux, la promotion de la croissance à long terme et un cadre juridique réglementaire, institutionnel solide.  

Ce sont les avantages qui s’attachent au développement des marchés financiers qui incitent la BRH à entreprendre ce chantier. « Dans un pays où il existe un marché financier, l’Etat peut diversifier ses sources de financement pour pouvoir contrôler l’inflation. Quand le marché financier fonctionne bien dans un pays, cela permet d’attirer des capitaux étrangers pour les orienter vers des secteurs productifs, des secteurs à forte valeur ajoutée », a expliqué Gihanne Ambroise.

Aussi, le développement des marchés financiers permettra d’avoir de meilleurs coûts de financement, des maturités plus longues, d’accéder à un ensemble plus large d’investisseurs, au financement d’activités plus risqués, à entendre Gihanne Ambroise. Il va contribuer à l’innovation dans l’économie, un meilleur rendement des produits financiers classiques, un moyen de participer à la modélisation et la modernisation de l’économie, une diversification du portefeuille d’investissement et une meilleure gestion du risque.

Sur un ton didactique, Madame Ambroise a expliqué que le marché financier est un espace physique ou virtuel qui permet aux agents économiques ayant des excédents de capitaux, c’est-à-dire ceux qui ont des capacités d’épargner ou d’investir, de satisfaire le besoin de financement d’autres agents économiques. « La particularité de ce marché, c’est que les échanges entre les agents économiques se font au moyen de titres financiers qui peuvent être une obligation ou une action », a souligné Gihanne Ambroise, précisant que le marché financier comprend le marché monétaire et celui des capitaux.   

À la question de savoir s'il existe un marché financier en Haïti, Carine Malbranche répond par l'affirmative.  « Il y a des transactions interbancaires. Une banque qui a besoin de liquidités peut faire une cession de titres à d’autres banques. Il y a aussi des entreprises qui font l'émission des actions et des obligations corporatives à travers des intermédiaires financiers. Mais ces activités se font dans un cadre informel et à travers des petits groupes sur le marché primaire », a déclaré Madame Malbranche, soulignant qu’il est important que la banque centrale élargisse le marché financier en Haïti.

Le manque d’environnement favorable, l’absence d’instruments transférables, le cadre organisationnel et réglementaire limité, les questions de droit de préemption sont les raisons évoquées par Carine Malbranche pour expliquer l’absence d’un marché financier secondaire. Sur ce marché, le transfert d’un titre peut se faire d’un investisseur à un autre les ménages et les particuliers peuvent avoir accès aussi à des titres, a-t-elle ajouté.

Des contraintes au développement des marchés financiers ont été identifiées. Il s’agit de l’instabilité sociopolitique, le cadre macroéconomique peu favorable, la pandémie de Covid-19, la complexité des procédures administratives. Malgré ces difficultés, la BRH a envisagé cette perspective : le développement du marché monétaire, à travers l’introduction de nouveaux instruments, le projet d’adoption d’un plan directeur du marché des capitaux, la mise en place d’une autorité de régulation des marchés des capitaux et la mise en œuvre d’une stratégie d’éducation financière axée sur le marché des capitaux et la mise en place d’une bourse de valeurs.



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