Michel Patrick Boisvert : « Il est nécessaire de réajuster le budget de l’État »

Publié le 2021-04-19 | lenouvelliste.com

Compte tenu de la situation économique et financière précaire du pays, il est nécessaire de réajuster le budget de l’État, a soutenu le ministre de l’Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert dans un discours, la semaine écoulée, dans le cadre du Sommet international de la finance, organisé par le Group Croissance et des partenaires. Le grand argentier de la République a peint un tableau sombre. « L’économie n’est pas déconnectée de la société et la situation économique et financière de notre pays reste critique. La performance macroéconomique et financière est plombée par la crise politique et sécuritaire qui maintient l’économie en dessous de son potentiel », regrette le ministre Michel Patrick Boisvert.

Pour les six premiers mois de l’exercice, les statistiques sont en deçà des attentes et des prévisions, selon le titulaire du ministère de l’Économie et des Finances (MEF), Michel Patrick Boisvert. Le ministre a confié que le rythme des activités économiques durant le premier semestre de l’exercice va influencer la croissance économique qui sera en deçà des attentes anticipées, constatant que le rythme de baisse de l’inflation, bien que restant sur la même trajectoire dès le début de l’exercice, ne fait que ralentir, passant de 1,9 en 2019-2020 à 1,4 en 2020-2021.

D’autres statistiques sur le premier semestre de l’exercice ont été communiquées par le numéro un du MEF. « Les exportations marquent une baisse annuelle de 1,7% sur le premier semestre 2020 -2021 pendant que la facture d’importation est en hausse de 31%, causant une aggravation du déficit commercial. Les efforts de formalisation et du contrôle du marché des changes avaient permis une appréciation de la gourde, mais la stabilité est mise à rude épreuve en l'absence d’un environnement social et politique propice. Néanmoins, le taux de change officiel de février 2021 comparé à celui du premier mois de l’exercice dénote une dépréciation de 16% de la monnaie nationale. Le déficit budgétaire s’est creusé de 29 milliards de gourdes à fin février 2021 », a indiqué Michel Patrick Boisvert, soulignant une hausse remarquable de 33% des transferts sans contrepartie pendant les cinq premiers mois de l’exercice fiscal.        

Ce déficit budgétaire résulte, d’après M. Boisvert, d’une performance plus faible que prévue des recettes, des traitements additionnels pour les policiers et la prise en charge du paiement d’environ 10 000 enseignants régularisés en fin d’exercice 2019-2020.    

« Dans les conditions actuelles, les perspectives sont incertaines. Il y va de la responsabilité des acteurs sociaux et politiques d’inscrire Haïti dans une dynamique de croissance forte et durable. Aussi, pour prendre en compte le contexte délétère, il est nécessaire de réajuster le budget de l’État et d'éviter ainsi toute dégradation de nos finances publiques », a affirmé le ministre Michel Patrick Boisvert. « Ces réajustements viseront la révision des recettes fiscales à la baisse pour tenir compte des performances constatées qui pourraient nous conduire à des réalisations sur l’année qui seraient en deçà des prévisions initiales, le réajustement du niveau des dépenses pour tenir compte des capacités réelles de mobilisation des recettes », a-t- il ajouté.

Pour le ministre, il faut tout faire pour que la décennie de 2030 ne soit pas perdue. « La croissance ou le développement, dans un sens plus large, implique un processus d’accumulation qu’il nous revient de soutenir en préservant jalousement nos acquis positifs, nos ressources et notre patrimoine. Cela implique de rompre avec les pratiques de destruction préjudiciables pour l’économie et pour les finances publiques, de créer les conditions pour mettre en œuvre les réformes appropriées garantissant l’efficacité, la transparence dans la gestion des ressources de l’État ».



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