Insécurité/Kidnapping

Fin de l’état d’urgence sécuritaire, l’insécurité et le kidnapping s’intensifient

Pour faire face à la recrudescence de l’insécurité et du kidnapping notamment, les autorités avaient déclaré, le 16 mars 2021, l’état d’urgence dans les zones de Village-de-Dieu, de Grand-Ravine et de Delmas 2, situées à Port-au-Prince; à Savien dans la Petite-Rivière de l’Artibonite et dans toutes autres zones rouges. Un mois après, les cas de kidnapping ont augmenté et les groupes armés continuent d’imposer leur volonté à la population.

Publié le 2021-04-19 | lenouvelliste.com


Pendant la période d’état d’urgence, les bandits ont perpétré les actes de kidnapping les plus spectaculaires jamais réalisés. Des individus lourdement armés ont kidnappé, dans la soirée du jeudi 3 avril, quatre membres de l’église adventiste Galaad à Diquini, dans la commune de Carrefour. Alors que le culte organisé par Gospel Kreyol Ministry était retransmis en direct sur les réseaux sociaux, les bandits ont enlevé le pasteur de l’église et trois fidèles comme dans une télé réalité.

Le pasteur Audalus Estimé, le pianiste Welmyr Jean-Pierre et deux techniciens, Steven Jérôme et Francisco Dorival, membres du temple adventiste de Galaad, à Diquini, ont été libérés contre rançon deux jours après.

Toujours pendant la période de l’état d’urgence, le gang armé connu sous le nom de  ‘’400 Mawozo’’ a enlevé, le dimanche 11 avril, sept religieux catholiques, dont deux Français et trois laïcs dans la commune de la Croix-des-Bouquets. Plus de huit jours après, les victimes sont encore entre les mains de leurs ravisseurs.

La seule décision connue prise par les autorités pendant la période de l’état d’urgence, c’est la création d’un groupe de travail pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de désarmement, démantèlement, réinsertion et réduction de la violence communautaire (SNDDR/RVC).

Me Gédéon Jean, responsable du Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), a indiqué au journal que les cas de kidnapping étaient en hausse, un mois après l’état d’urgence gouvernemental voulant enrayer le phénomène. « Pour la première moitié du mois d'avril, la Cellule d’observation de la criminalité du Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) travaille sur quasiment 30 cas. Or, pour le mois de mars, on en a recensé 27 », a souligné le défenseur des droits humains.

Le gouvernement n’a pas encore communiqué sur la fin de la période de l’état d’urgence sécuritaire. On ne sait pas encore s’il compte la renouveler pour un mois de plus.

Selon un communiqué en date du 3 avril 2021 de la Primature de l’ère Joseph Jouthe, « résolument tourné vers une synergie des actions gouvernementales autour du désarmement, du démantèlement et de la réinsertion des bandes armées dans le pays, le Premier ministre, Monsieur Joseph Jouthe, a créé et lancé ce mardi un groupe de travail pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale de désarmement, démantèlement, réinsertion et réduction de la violence communautaire (SNDDR/RVC), aux fins d'aboutir à un climat de sécurité publique et d'apaisement social au bénéfice de toute la population ».

Nommé Premier ministre a.i. le 14 avril dernier à la suite de la démission de Joseph Jouthe, la première initiative du Dr Claude Joseph a été de « recueillir les points de vue du secteur privé des affaires, partager avec lui les dernières mesures adoptées pour enrayer l’insécurité et le kidnapping, garantir la transparence des actions du gouvernement ad interim… », a  dit le nouveau président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) sur son compte Twitter.

Selon l’article 1er de l’arrêté sur l’état d’urgence, « aux fins de rétablir l’ordre républicain, la sécurité publique et les droits fondamentaux des personnes, l’état d’urgence est instauré dans les zones de Village-de-Dieu; de Grand-Ravine et de Delmas 2, de Savien dans la Petite-Rivière de l’Artibonite et dans toutes autres zones rouges identifiées par le Conseil supérieur de la Police nationale.

« Les autorités gouvernementales, responsables de la sécurité publique et de l’intégrité du territoire, ainsi que celles des Forces Armées d’Haïti et des Forces de Police sont habilitées à prendre les mesures nécessaires, conformément à la législation sur l’état d’urgence, afin de parvenir au démantèlement et à la destruction de toutes les bandes armées semant la terreur dans le pays », affirme l’article 2 de l’arrêté.

L’interdiction de circuler dans des véhicules avec les vitres teintées, le décret portant création, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale d’intelligence (ANI), le décret sur le Renforcement de la sécurité publique publié en novembre dernier, l’arrêté décrétant l’état d’urgence dans les zones contrôlées par des groupes armés, sont entre autres mesures prises par les autorités pour lutter contre l’insécurité. Cependant, à nos jours, aucune des décisions prises, aucun des décrets et arrêtés sur la sécurité n’ont encore donné de résultats.  



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