Insécurité: les catholiques ferment leurs écoles, le secteur privé ferme ses entreprises 

Publié le 2021-04-14 | lenouvelliste.com

Les principales associations patronales ont fait plus que souscrire à l’appel de l’Église catholique en invitant leurs membres à « observer une journée de fermeture ce jeudi 15 avril, en signe de solidarité » avec les familles et les victimes  d’assassinat, d’enlèvement et d’attaque armée. Elles ont dressé un constat, indiqué avoir atteint un «niveau de saturation», poussé dans les cordes les autorités et exigé d'elles des actions. 

Constat. « Nous faisons face à une vague de kidnapping et d’insécurité devant laquelle nous sommes impuissants, étant à la merci de bandits sans scrupule qui font la loi et dictent la vie nationale. Personne n'est à l'abri, personne ne bénéficie d'aucune protection des autorités. Où qu'il soit et quoi qu'il fasse, chaque citoyen est une cible », lit-on dans un communiqué rendu public en milieu de journée, mercredi 14 avril, plusieurs heures après la démission du Premier ministre Joseph Jouthe, incapable d’endiguer une nouvelle vague d’insécurité.

Niveau de saturation. Ces associations patronales dont les membres sont rongées par l’impuissance, ont souligné avoir aujourd’hui un «niveau de saturation » face à « l’hécatombe en vie humaine dont les nombreux assassinats, attaques armées et enlèvements de membres de la société civile » perpétrés  par « des bandits sans scrupule qui font la loi et dictent la vie nationale ».« Le secteur privé constate qu'en dépit de tous ses efforts pour continuer à fonctionner, créer des emplois et générer des revenus fiscaux, il est arrivé aujourd’hui à un niveau de saturation sans précédent», lit-on dans le communiqué.

Claque. Telle une claque, un trop-plein de discours, elles ont poussé les autorités publiques dans les cordes. « Force est de constater que malgré les appels répétitifs pour le rétablissement de l'État de droit et la sauvegarde de la vie humaine, les autorités semblent dans l'incapacité d'assurer ces droits fondamentaux que sont la sécurité et la vie », ont-elles écrit.

« La Police nationale d’Haïti fait son travail avec des moyens trop faibles pour lui permettre de nous assurer un minimum de sécurité. Il est temps que les responsables de l’institution policière se mettent à l’écoute des experts et des expériences passées en matière de lutte contre la criminalité. Les solutions existent », ont appelé ces associations patronales.

Exigences. Ces associations patronales ont exprimé une exigence. «Le secteur privé s'unit pour exiger des autorités publiques concernées qu’elles prennent leurs responsabilités une fois pour toutes en faisant ce qui est nécessaire afin de permettre à la population de vivre une réalité dont seront exclus l’insécurité, le crime et le kidnapping », retient-on ce communiqué.

« Il est impératif que les autorités concernées prennent les mesures adéquates afin d’éradiquer la vague de criminalité à laquelle le pays est confronté depuis trop longtemps et à côté de laquelle aucune activité durable ne peut cohabiter », a indiqué ce communiqué.

« C’est pourquoi les associations patronales du secteur privé ont décidé de soutenir et d’encourager les entreprises à observer une journée de fermeture ce jeudi 15 avril, en signe de solidarité avec les victimes de ces actes crapuleux et leurs familles », lit-on dans ce communiqué.

«Les associations patronales du secteur privé condamnent avec virulence les actes criminels de ces derniers mois et particulièrement l’hécatombe en vie humaine dont les nombreux assassinats, attaques armées et enlèvements de membres de la société civile », selon ce communiqué des associations patronales qui pose un constat accablant pour les autorités. Ce communiqué est signé de Laurent Saint-Cyr, président de la CCIO, Christelle Vaval, vice-présidente de l'AMCHAM, Geoffrey Handal, président de la CFHCI, Wilhelm Lemke, président de l'ADIH, Raina Forbin, présidente de l'ATH, Michelle Mourra, présidente de la CCHCI et Carl Frédéric Behrman, président de l'AAIVM.

Par ailleurs, deux syndicats de transporteurs publics se joignent au mouvement. Il s'agit de Sektè Transpò Terès Ayisyen (STTH) et APCH qui appelle à une grève générale ce 15 avril.



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