Couleurs d’avril

Publié le 2021-04-08 | lenouvelliste.com

Avril pluvieux

Dans le Nord, il a plu. Deux récits contradictoires : Jovenel sauvé des eaux, Jovenel en sauveur. La population a fait son choix et préfère la première. En partie.

Avril risqué

Dans quelques officines, des mercenaires au parler pointu découvrent qu’il est risqué de porter la parole d’un pouvoir décrié. Ce n’est peut-être qu’un début.

Avril  sanglant

La répression n’a pas cessé. Les crimes de sang non plus. C’est de plus en plus la même chose. La peur de sortir. La peur chez soi le soir lorsque ça se met à tirer. Pas loin. Toujours trop près.


Avril truqué

Dans les services publics, les banques, la pression est exercée en particulier sur les petites gens pour qu’ils présentent leur carte Dermalog. Aucune loi ne permet de le faire.

Avril risible

De prétendus représentants de secteurs de la société civile, quelques profs dont les lectures semblent s’être arrêtées il y a un demi-siècle, des jeunes loups en mal de représentativité discutent, argumentent autour du projet de constitution autoritariste de Jovenel Moïse. On ne les voit que sur la télévision nationale que plus personne ne regarde et sur les médias cooptés. Personne ne les prend au sérieux.

Avril brouillon

S’il est clair (et il faut continuer de le crier aux étrangers) que le pays ne marchera pas dans la folie référendaire et soi-disant électorale du pouvoir de facto, l’opposition politique formelle (le pays est dans l’opposition) tarde à mettre en œuvre une formule unitaire.

Avril morose

La pauvreté. De plus en plus visible. Les classes moyennes... Les ouvriers et les travailleurs de maison… Les paysans… Les chômeurs…

Avril pédant

Quelques prétendus experts et « chief advisors », complices de la dérive autoritaire, se la jouent, économisent une partie de l’argent de leur sinécure, dépensent l’autre en se payant des vacances qu’ils jugent bien méritées. Quelle aubaine qu’Haïti pour les technocrates de troisième ordre!

Avril bouillant

La folie d’un pouvoir de facto, la complicité de quelques cadres haïtiens, la complicité de cadres et d’institutions engagés dans une « coopération meurtrière ». Et le rejet chaque jour plus net, plus radical.



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